DE LA CHAMBRE OBSCURE
peinture qu'on aperçoit sur la table; mais toutes ces deux choses sont d'une nature tout à fait férente : Fimage n'est qu'un spectre ou une omî voltigeant dans l'air, qui n'est visible qu'en tains endroits , tandis que la représentation est vrai tableau que tous ceux qui sont dans la imbre peuvent voir, et auquel il ne manque que lurée.
J. Pour mieux éclaircir cette différence, on n'a à bien considérer la nature de l'image o^ qui est présentée dans la^^. 67, par le verre convexe r, l'objet étant en O. Cette image n'est autre cliose î le lieu où les rayons OM, OC, ON de l'objet, •es avoir traversé le verre, se réunissent par la raction, et continuent ensuite leur route de la me manière que s'ils venaient du point o, quoiîls prennent naissance en O, et point du tout en o. \. Cette circonstance fait que l'image o n'est vile qu'aux yeux qui se trouvent quelque part en- Fangle RoQ, comme en S, où un œil recevra eftivcment des rayons qui lui viennent du point o. isun œil placé hors de cet angle, comme en F ou V, n'en verra rien du tout, puisque aucun des DOS réunis en o n'y est dirigé : ainsi l'image en o ère bien essentiellement d'un objet i¥el; elle it visible qu'en certains endroits, et ressemble :«la à ce qu'on nous raconte des spectres. i. Mais si l'on place en o une table blanche, et r sa surface en ce point o soit réelleiftent excitée m ébranlement semblable à celui qui règne ne dans l'objet O, alors cet endroit o de la
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surface engendre lui-uiénie des rayons qui le rendent visible partout. Voilà donc la difTérence entre l'image d'un objet et sa représentation, faite dans une chambre obscure : l'image n'est visible qu'en certains endroits; savoir, dans les endroits par où passent les rayons qui viennent originairement de ]'objet; au lieu que la peinture ou la représentation formée sur la table blanche est vue par ses propres rayons, excités par le trémoussement des particules de sa surface, et est par conséquent vue partout dans la chambre obscure.
6. On voit aussi qu'il est absolument nécessaire de mettre la table blanche exactement dans le lieu de l'image formée par le verre, afin que chaque point de la table ne reçoive d'autres rayons que ceux qui viennent d'un seul point de l'objet : car si d'autres rayons y tombaient aussi, ils troubleraient l'effet de ceux-là, ou rendraient au moins la représentation confuse.
7. Si l'on ôtait le verre tout à fait, et que les rayons trouvassent une entrée libre dans la chambre obscure , la table blanche en serait éclairée à l'ordinaire, sans qu'on y vît la moindre peinture: sur chaque point de la table tomberaient les rayons des différents objets, et n'y exprimeraient aucune image déterminée. Ainsi la peinture qu'on voit dans une chambre obscure sur une surface blanche est l'effet du verre convexe fixé au volet; c'est lui qui réunit de nouveau, dans un seul point, tous les rayons qui viennent d'un point de l'objet.