DE LA LANTERNE MAGIQUE
aura de lumière et deviendra plus obscure ; au lieu que si Fon fait l'image petite, elle devient plus lumineuse et plus brillante. La raison en est évidente, toute la clarté provient de Tillumination de l'objet; donc y plus elle est répandue dans un grand espace, plus elle doit être affaiblie ; mais étant réduite dans un moindre espace , elle sera plus vive et plus brillante.
V. Donc, plus on veut grossir la représentation, plus on doit renforcer l'illumination de l'objet, en allumant plus de lampes dans les ailes de la macliine, ou en rendant leur flamme plus forte: or, pour de petites représentations » une illumination médiocre est suffisante.
Cette macliine, dont je viens de donner la description, est nommée une lanterne magique ^ pour la distinguer d'une chambre obscure ordinaire dont on se sert pour représenter les objets fort éloignés : la figure a sans doute occasionné le nom de lanterne, surtout puisqu'on y enferme des lumières; mais l'épithète de ^ magique vient de ce que les premiers possesseurs ont voulu persuader au peuple qu'il s'y mêlait quelque magie ou sortilège. Cependant , les lanternes magiques ordinaires ne sont point construites de cette façon , et on ne représente par elles d'autres objets que des figures peintes sur du verre; au lieu que cette machine, dont j'ai imaginé la construction, peut être appliquée à toutes sortes d'objets.
On peut même s'en servir pour représenter les plus petits objets et les grossir prodigieusement, de sorte que la plus petite mouche paraîtra aussi
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grande qu'un éléphant ; mais alors la clarté produite par des lampes ne suffit pas, il faut disposer la machine en sorte que les objets puissent être éclairés par les rayons du soleil , renforcés par un verre ardent : alors la machine change encore de nom j et est appelée un microscope solmre^ dotit j'aurai occasion de parler plus amplement dans la suite.