II* PARTIE. LETTRE XLVII
sanceSy par lesquelles nous sommes convaincus de la certitude et de la vérité de tout ce que nous connaissons. Il s'en faut beaucoup que nous soyons assurés de la vérité de tous nos sentiments, et il n'arrive que trop souvent qu'on se laisse éblouir par quelques apparences souvent fort légères, et qu'on reconnaisse aussi bien des faussetés. L'un et l'autre est un vice également dangereux; et un homme raisonnable doit faire tous les efforts possibles pour se garantir de Terreur, quoiqu'on ne soit pas toujours assez heureux pour y réussir.
Tout revient ici à la solidité des preuves par lesquelles nous nous persuadons de la vérité de quelque chose que ce soit; et il est absolument nécessaire qu'on soit en état de juger de la solidité de ces preuves, si elles sont suffisantes pour nous convaincre ou non. Pour cet effet, je remarque d'abord que toutes les vérités qui sont à la portée de notre connaissance se rapportent à trois classes, essentiellement distinguées.
La première classe renferme les vérités des sens; la seconde, les vérités de l'entendement ; et la troiaième, les vérités de la foi. Chacune de ces classes demande des preuves particulières pour nous prouver les vérités qui y appartiennent, et c'est de ces trois classes que toutes nos connaissances tirent leur origine.
Les preuves de la première classe se réduisent à nos sens; quand je puis dire :
Cette chose est vraie, puisque je Tai vue, ou que j'en suis coDvaincu par mes sens.