DU FONDEMENT DE NOS CONNAISSANCES
C'est ainsi que je connais que l'aimant attire le fer, puisque je le vois, et que rexpërience me le prouve indubitablement. Telles vérités sont nommées sensuelles j et fondées sur nos sens ou sur l'expérience.
Les preuves de la seconde classe sont renfermées dans le raisonnement ; quand je puis dire :
Cette chose est vraie, puisque je la puis démontrer par UD raisonnement juste , ou par des syllogismes légitimes ;
et c'est principalement à cette classe qu'est attachée la lexique , qui nous donne des règles pour raisonner juste. C'est ainsi que nous connaissons que les trois angles d'un triangle rectiligne font ensemble autant que deux angles droits. Dans ce cas je ne dis pas que je le'voie, ou que mes sens m'en convainquent; mais c'est le raisonnement qui m'en assure la vérité. De telles vérités sont nommées intellectuelles ; et c'est ici qu'il faut ranger toutes les vérités de la géométrie et des autres sciences, en tant qu'on est en état de les prouver par des démonstrations. V. A. comprend aisément que ces vérités sont tout à fait difTérentes de celles de ia première classe , où l'on n'allègue d'autres preuves que les sens , ou l'expérience , qui nous assure que Ja chose est ainsi , quoique nous n'en connaissions pas la cause. Dans l'exemple de l'aimant, nous ne savons pas comment l'attraction du fer est un elTet nécessaire de la nature tant de l'aimant que du fer; mais nous ne sommes pas moins convain-