LETTRE LXXXIII
(16 inar* 1782.)
Des objectifs composés.
ne telle combinaison de deux verres, dont je s de donner une idée à V. Â. , est nommée un f^tif composé j dont le but est que tous les rayons,
ceux qui passent par le milieu du verre que : qui passent par les bords, soient réunis dans (eul point, de sorte qu'il ne s'y forme qu'une 3 image sans aucune diffusion, comme il arrive ; les objectifs simples. Si les artistes réussissaient ; cette construction , on en retirerait les plus ds avantages. J'en rendrai compte à V. A. abord il est évident que la représentation des ts doit être beaucoup plus nette et mieux termi-
puisque la vision n'est plus troublée par l'ap* ion de cette file d'images qui occupent l'espace ifiusion lorsque l'objectif est simple, isuite, puisque cet eispace dé diffusion est l'ue raison qui nous oblige de donner aux objecdmples une si excessive distance de foyer, pour re insensible le fâcheux effet qui en résulte, en loyant de tels objectifs composés, nous ne nés plus réduits à cet expédient incommode , ous pourrons faire des lunettes incomparablet plus courtes, qui produisent le même grossisînt.
,436 lU" PARTIE. LETTRE LXXXIII.
Lorsqu'on veut grossir loo fois en employant un objectif simple, sa distance de foyer ne saurait être plus petite que de 3o pieds , et la longueur de la lunette devient encore plus grande à cause du verre oculaire, dont la distance de foyer y doit être ajoutée; un moindre objectif produirait, à cause de son plus grand espace de diffusion , une confusion insupportable. Or, une longueur de 3o pieds est nonseulement très-incommode, mais aussi les artistes réussissent rarement à former des verres d'une si grande distance de foyer. V. A. en comprendra aisément la raison, puisque le rayon des faces de ce verre doit être aussi de 3o pieds : or, il est très^ifBcile de décrire exactement un si grand cercle, et la moindre aberration rend tout le travail inutile.
De tels accidents ne sont pas à craindre dans la construction des verres objectifs composés, qui peuvent être formés de plus petits cercles, pourvu qu'ils soient susceptibles de l'ouverture que le grossissement exige. Ainsi, pour grossir loo fois, dous avons vu que l'ouverture de l'objectif doit être de 3 pouces; or, on pourra bien construire un objectif composé dont la distance de foyer ne serait que de loo pouces, et qui admettrait une ouverture déplus de 3 pouces; donc , puisque la distance de foyer de l'oculaire doit être loo fois plus petite, elle serait d'un pouce; et l'intervalle entre les verres devant être la somme de leurs distances de foyer, la longueur de la lunette ne serait que loi pouces, qui sont 8 pieds et 5 pouces, qui est bien plus petite que celle de 3o pieds.