‹ Lettres de L. Euler à une princesse d'Allemagne sur divers sujets de physique et de philosophieChapitre 215 sur 253 · II · texte numérisé non relu

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450 Iir PARTIE. LETTRE LXXXVI.

Lorsque j'ai été convaincu qu^il était imposable de remédier à la diverse refirangibilité des rayons par la combinaison de plusieurs verres, j'ai remarqué que la raison en est fondée sur la loi de réfraction 9 qui est la même dans toutes les espèces df verres; et je me suis aperçu que si Ton pouvait employer d'autres matières transparentes, dont la réfraction fût assez considérablement difîérenle de celle du verre, il serait bien possible de combiner une telle matière avec le verre, de sorte que tous les difîérents rayons se réunissent à former une seule imi^e , sans qu'il y eût un espace de diffusion. J'ai ensuite mieux suivi cette idée, et j'ai trouvé moyen de composer de verre et d'eau des objectifs tout à fait délivrés de TefTet de la diverse réfrangibilité des rayons, qui par conséquent devraient produire Un aussi bon effet que les miroirs de Newton.

Or, j'ai exécuté cette idée par deux ménisques ou verres concavo-con vexes {Jig. io6), dont l'un est AACC, et l'autre BBCC, que j'ai joints ensemble par leurs faces concaves, en remplissant d'eau le vide qui restait entre elles, de soiie que les rayons qui sont entrés par le verre AACC doivent traverser l'eau contenue entre les deux verres, avant de sortir par l'autre verre CCBB. Chaque rayon souffre donc quatre réfractions : la première, en entrant de l'air dans le verre AACC; la seconde, en passant de ce verre dans l'eau ; la troisième, en passant de l'auti'e verre CCBB; la quatrième, en sortant de ce verre dans l'air.

Comme les quatre faces de ces deux verres en-

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