LETTRE XCVII
(4 mai ITOS.)
La lumière des astres qui se trouvent à Thorizon est beaucoup affaiblie, parce que leurs rayons ont un betiticoup plus grand chemin à parcourir dans notre basse atmosphère que lorsque les astres se trouvent à une hauteur ; et c*est par cette raison que nous les jugeons , à l'horizon , être plus éloignés de nous et plus grands que s'ils sont à une hauteur.
Peut-être ce que je viens d'avancer, que les rayons des astres qui se trouvent à Fhorizon ont un chemin plus long à parcourir dans noire atmosphère, paraîtra bien paradoxe à V. A., attendu que Tatmosphère s'étend partout à la même hauteur; de sorte qu'en (|uelque lieu que se trouve une étoile.
DE LEXTINCTION DE LA LUMlàRE DES ASTRES. 493
ses rayons doivent toujours pénëtrer par toute sa hauteur avant que de parvenir à nos yeux. Mais j'espère que les réflexions suivantes dissiperont tous les doutes.
L D'abord il faut se former une juste idée de Tal;mosphère qui environne la terre. Pour cet effet, le cercle intérieur ABCD (y^. 1 1 9) représente la terre même y et l'extérieur ponctué aifcd termme l'atmosphère. Il ËEiut remarquer que partout y à mesure que l'air s'élève au^lessus de la surface de la terre, il devient de plus en plus subtil et rare; de sorte qu'il se perd enfin insensiblement avec l'éther qui ren^ plit tous les espaces célestes.
II. L'air le plus grossier, celui qui est le plus chargé des parcelles qui éteignent les rayons de lumière, se trouve partout en bas près de la sur&ce de la terre. De là, en montant, il devient de plus en plus rare, et ainsi moins nuisible à la lumière ; et à la hauteur d'un mille d'Allemagne il est déjà si subtil, qu'il n'y saurait plus causer de perte sensible à la lumière. On peut donc fixer la distance entre le cercle intérieur et l'extérieur, environ d'un mille d'Allemagne, tandis que le demi-diamètre de la terre même en contient environ 860; de sorte que la hauteur de l'atmosphère est fort peu de chose par rapport à la grandeur du globe de la terre.
III. Considérons maintenant un spectateur en A (Jig. I ao), sur la surface de la terre ; et , tirant du centre de la terre G par A la ligne GZ, elle sera dirigée vers le zénith de notre spectateur. La ligne