‹ Lettres de L. Euler à une princesse d'Allemagne sur divers sujets de physique et de philosophieChapitre 25 sur 253 · II* PARTIE. LETTRE LVI · texte numérisé non relu

II* PARTIE. LETTRE LVI

général y qui n'est formée que par abstraction; et comme l'homme ou l'arbre en général n'existent pas, l'étendue en général n'existe pas non plus. V. A. comprend qu'il n'y a que des êtres individuels qui existent, et que les notions générales ne se trouvent que dans notre esprit; mais on ne saurait dire pour cela que ces notions générales soient chimériques ; dles renferment plutôt le fondement de toutes nos connaissances.

Tout ce qui convient à une notion générale , et toutes les propriétés qui lui sont attachées, trouvent aussi nécessairement lieu dans tous les individuels qui sont compris dans cette notion générale. Quand on dit que la notion générale de l'homme renferme un entendement et une volonté, on prétend sans doute que chaque homme individuel est revêtu de ces facultés. Et combien de propriétés ces mêmes philosophes ne se vantent-ils pas de démontrer, qui sont le partage de la substance en général, qui est sans doute une idée aussi abstraite que celle de l'étendue ; et pourtant ils soutiennent que toutes ces propriétés conviennent à toutes les substances individuelles, qui toutes sont étendues. £n effet, si une telle substance n'avait pas ces propriétés, il serait faux qu'elles convinssent à la substance en général.

Donc , si les corps, qui sont sans doute des êtres étendus ou doués de l'étendue, n'étaient pas divisibles à l'infini , il serait aussi faux que la divisibilité à l'infini fût une propriété de l'étendue. Or, ces philosphes avouent bi^i que cette propriété convient à l'étendue, mais ils prétendent quelle ne saurait

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