II' PARTIE. LETTRE LXI
des parties actuelles des corps , et qu'après avoir di* visé un corps aussi loin qu'il est possible, on parvient alors effectivement aux monades qui consti-» tuent ce corps.
D'autres nient absolument que les monades puissent être regardées comme les parties dHin corps, elles n'en contiennent que la raison suffisante: pendit que le corps se meut, les monades ne se meuvent point, mais elles contiennent la raison suffisante du mouvement. Enfin les monades ne sauraient se toucher les unes les autres ; ainsi , quand ma main touche un corps , aucune monade de ma main ne touche aucune monade du corps.
Qu'y a-t-il donc, demandera V. À., qui se touche dans cet attouchement, si ce ne sont pas les monades qui renferment toute la réalité tant de ma main que du corps ? 11 ne reste d'autre réponse , que ce sont deux riens qui se touchent l'un l'autre ; ou plutôt on nie qu'il y ait un attouchement réel. Ce n'est qu'une illusion destituée de toute réalité. Ils sont obligés de dire la même chose de tous les corps, qui, selon ces philosophes, ne sont que des fantômes que notre esprit se forme, en se représentant trèsconfusément les monades qui contiennent la raison suffisante de tout ce que nous nommons corps.
Dans cette philosophie tout est esprit , fantôme et illusion; et quand nous autres lie pouvons pas cosiprendre ces mystères, c'est notre stupidité qui nous tient attachés aux notions grossières du peuple.
Le plus singulier ici est, que ces philosophes, dms le dessein d'approfondir et d'expliquer la na-
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riire des corps et €le l'étendue, sont «oifin parvenus à nier t existence des corps et de Fétendue. Cest sans doute le plus sûr moyen de réussir dans Fex* plication des phénomènes de la nature ; on n'a qu'à les nier, et en alléguer pour preuve le principe de la raison suffisante. Voilà à quelle extravagance les philosophes sont capables de se livrer, plutôt que (favouer leur ignorance.