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les lettres consonnantes, qui sont autant de modi fications des voyelles ? Notre bouche est si admira blèment ajustée , que, quelque commun que soi cet usage, il nous est presque impossible d'en ap profondir le véritable mécanisme. . •
Nous observons bien trois oi^anes pour expri mer les consonnantes : les lèvres, la langue et I palais; mais le nez y concourt aussi très-essentielle ment. En fermant le nez, on ne saurait prononce les lettres meln; on n'entend alors que b et d. l3o< grande preuve delà merveilleuse structure de notr bouche, qui la rend propre à prononcer des pa rôles, est sans doute que l'adresse des homme ja'a encore pu réussir à l'imiter par quelques ma chines. On a bien imité le chant, mais sans ^ucnn* articulation des sons et distinction des diverse voyelles.
Ce serait sans doute une des plus importantes dé couvertes, cjue de construire une machine qui fâ propre à exprimer tous les sons de nos paroles ave toutes les articulations. Si l'on réussissait jamais ; exécuter une telle machine, et qu'on fût en état A lui faire prononcer toutes les paroles par le moyei de certaines touches, comme d'un orgue ou d'ui clavecin., tout le monde serait avec raison surpri d'entendre qu'une machine prononçât des discour entiers, ou des sermons, qu'il serait possible d'ac compagner av^ la meilleure grâce. Les prédicateur et les orateurs dont la voix n'est pas assez agréabl pourraient alors jouer leurs sermons et discours su une telle machine , tout de même que les organiste
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jouent les pièces de musique. La chose ne me parait pas impossible.
(90 juin 1761.)
Précis des principaux phénomènes de rélectricité.
La matière sur .laquelle je voudrais à présent entretenir V. A. me fait presque peur. I^ variété en €8t surprenante, et le dénombrement des faits sert plutôt à nous éblouir qu'à nous éclairer. C'est de rélectricité dont je parle , et qui depuis quelque temps est devenue un article si important dans la physique, qu'il n'est presque plus permis à personne d'en igno^ rer les effets.
Je ne doute pas que V. A. n'en ait déjà entendu parler trè&«ou vent, quoique je ne sache pas si elle en a aussi vu faire les expériences. Tous les physiciékis en parient aujourd'hui avec le plus grand empressement, et on y découvre presque tous les jours de nouveaux phénomènes, dont la seule description remplirait plusieurs centaines de lettres; et peut-être ne fioirais-je jamais.
Voila rembarraânoù je me trouve. Je ne voudrais pas laisser igimrer à V. A. une partie si essentielle à h physique; mais je ne voudrais pas noh plus l'ennuyer par «me description diffuse de tous les phénomenas, tpii, outre cela, ne fourmrait point les éclaircissements que V . A . serait en droit d'e^er sur cette
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matière. Je me flatte cependant d'avoir trouvé um route suivant laquelle j'espère de mettre V. A. telle ment au fait de cette matière embrouillée, qu'eU acquerra très-facilement une connaissance beaucou] plus 'parfaite que n'en ont la plupart des physiciens qui travaillent jour et nuit à approfondir ces mys tères de la nature.
Sans m'arrêter à exposer à V. A. tous les difîérent phénomènes et effets de l'électricité , ce qui m'enga gérait sans doute dans un détail aussi long qu^en nuyant, au bout duquel on ne serait pas plus avano dans la véritable connaissance des causes qui produi sent tous ces effets, je suivrai une route tout à fai opposée, et je commencerai à expliquer à V. A. 1 véritable principe de la nature sur lequel tous ce phénomènes, quelque variés qu'ils paraissent, son fondés, et duquel il est très-aisé de les déduire tous sans le moindre embarras.
Pour cet effet , il suffira de remarquer, en gêné rai, qu'on excite l'électricité en frottant bien ui tuyau de verre; c'est par ce moyen que le tuyau de vient électrique : alors il attirera et repoussera alter nativement les corps légers qu'on lui présente; c quand on lui approche d'autres corps, on voit ^rti entre eux des étincelles , lesquelles, rendues plus for tes , allument de Vesprit-de-vin et d'autres matière combustibles. Lorsqu'on touche avec le doigt o tuyau , outre l'étincelle qui en sort , on sent une pî qûre qui peut , sous de certaines circonstances devenir si grande, qu'on en ressent une concuBioi par tout le corps.
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Au lieu d'un tuyau de verre, on se sert aussi d'un globe de verre qu'on fait tourner autour d'un axe, comme au tour. Pendant ce mouvement on le frotte (le la main , ou par le moyen d'un coussin qu'on y applique ; et de cette façon le globe devient également électrique, et produit les mêmes phénomènes que le luyau.
Outre le verre , les corps résineux , comme la cire (l'Espagne et le soufre , ont aussi la même propriété de devenir électriques par le frottement. Mais ce ne sont aussi que certaines espèces de corps que le frottement e^ capable de rendre électriques, parmi lesquels le verre, la cire d'Elspagne et le soufre sont les principaux.
Pour les autres corps, on a beau les frotter tant qu'on veut, on n'y remarquera jamais le moindre signe d électricité. Mais quand on les approche des premiers après les avoir rendus électriques, ils en acquièrent d'aberd la même propriété. Ces corps deviennent donc électriques par communication, puisque le seul attouchement, et souvent le voisinage seulement des corps électriques, les rend tels.
De là tous les corps se partagent en deux classes: la première comprend les corps qui par le frottement deviennent électriques, et l'autre, ceux qui le devienn())y^ communication, et où le frottement ne prodfirracun effet. Ici, il est fort remarquable que les cmp^Sn^ la première classe ne reçoivent aucune électricité par communication : quand on présente à un tuyau ou à un globe de verre, fortement électrisé , d'autres verres ou d'autres corps que le frottement