‹ Lettres de L. Euler à une princesse d'Allemagne sur divers sujets de physique et de philosophieChapitre 58 sur 253 · LETTRE XI · texte numérisé non relu

LETTRE XI

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Sur le même sujet.

Après ces faibles commencements dans les phénomènes électriques, ce n'est que depuis peu d< temps qu'on les a poussés plus loin. D'abord on s'esi servi d'un tuyau de verre semblable à ceux dont oi fait les baromètres, mais d'un plus grand diamètre qu'on a frotté avec la main nue ou avec un mor ceau de drap de laine, et on s'est aperçu de phénomènes électriques plus éclatants.

Or, en frottant de cette sorte un tuyau de verre. V. A. comprend aisément que, par la compression des pores du verre et du corps frottant, une partie de l'éther doit passer ou de la main dans le verre, ou réciproquement du verre dans la main, selon que les pores de l'un ou de l'autre sont plus susceptibles de compression dans le frottement. Après cette opération, l'éther dans la main se remet aisément en équilibre, puisque ses pores sont ouverts; mais parce que les pores du verre sont assez fermés, l'éther s'y conserve dans son état, soit que le verre en soit surchargé ou dépouillé; et par conséquent il sera électrique, et produira des phénomènes semblables à ceux de la cire d'Espagne, mais beaucoup plus forts sans doute , puisque son électricité est portée à un plus haut degré, soit à cause du plus

ATTRACTIONS ET REPULSIONS RLECTRIQURS. 121

grand diamètre du tuyau, soit à' cause de la nature même du verre.

Les expériences nous laissent conclure que par ce moyen le tuyau de verre devient surchai^é d'étlier, pendant que la cire d'Espagne en est dépouillée : cependant les phénomènes en sont à peu près les mêmes.

D'abord il faut observer que le tuyau de verre ooDserve son électricité tant qu'il n'est entouré que de l'air, à cause que les pores tant du verre que de Tair sont trop fermés pour donner à l'éther une communication assez libre , et dépouiller le verre de son éther superflu, qui en augmente l'élasticité. Mais pour cet effet il faut que l'air soit bien sec, puisque ce n'est que dans cet état que ses pores sont bien fermés; dès que l'air est humide ou chargé de vapeurs, les expériences ne réussissent pas, quelque peine qu'on se donne à frotter le verre. La cause en est très-évidente : car, puisque l'eau, qui rend l'air humide, a ses pores très-ouverts, ils reçoivent à chaque instant ce qu'il y a de trop d'éther dans le verre; de sorte que le verre reste dans son état naturel. Ce n'est donc que dans un air bien sec que ces expériences réussissent : voyons maintenant quels phénomènes doit alors produire un tel tuyau de verre, après avoir été frotté.

D'abord il est clair qu'en lui présentant un petit corps léger C à pores ouverts ijig' 3) , comme des feuilles d'or, l'éther trop élastique du tuyau aux endroits les plus proches DE ne fera pas des efforts inutiles pour se décharger et passer dans les pores

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du corps C. Il se frayera un chemin au travers di l'air, pourvu que la distance ne soit pas tro] grande; et dans l'obscurité on verra même un lumière entre le tuyau et le corps, dont la cause e l'agitation excitée dans l'éther, qui passe avec peiii du tuyau dans le corps. Quapd au lieu du corps on y tient le doigt, on y sent même une piqûre qi cause l'entrée rapide de l'éther ; et quand on y tiei le visage à quelque distance, on sent une certaii agitation dans l'air qui est causée par le passage c l'éther. Quelquefois on entend aussi un craquemei léger, qui est sans doute causé par une agitatic de l'air que l'éther traverse si rapidement.

y. A. n'a qu'à se souvenir qu'une agitation dai l'air caus0 toujours un son, et un semblable moi vement dans l'éther une lumière : et la raison < ces phénomènes deviendra assez claire.

Mais remettons le petit corps léger C dans le vc sinage de notre tuyau électrique; et tant que l'éth s'échappe du tuyau pour entrer dans les pores c corps C, l'air en sera chassé en partie, et ne pw sera pas, par conséquent, de ce côté aussi fort si le corps que tout autour : de là arrivera , comi] dans le cas précédent, que le corps C sera pou£ vers le tuyau; et puisqu'il est léger, il s'en appr chera en effet. D'où l'on voit que cette attractif apparente a également lieu, soit que l'éther du tuy; soit trop élastique ou trop peu ; ou bien , soit q l'électricité du tuyau soit positive ou négative. Da l'un et dans l'autre cas, le passage de l'éther arrc l'air, et l'empêche d'agir par sa pression.

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