‹ Lettres de L. Euler à une princesse d'Allemagne sur divers sujets de physique et de philosophieChapitre 63 sur 253 · LETTRE XIV · texte numérisé non relu

LETTRE XIV

(l»jaillet 1761.)

Sur rélectrtsation des hommes et des animaux. ■

Comme on peut transporter l'électricité du vent dans une barre de fer, par le moyen d'une chaiiif qui y établit une communication , on peut dak même manière faire passer l'électricité dans k corps d'un homme, attendu que les corps des ani maux ont avec les métaux et l'eau cette commuai propriété, que leurs pores sont fort ouverts; maii il faut que cet homme ne touche point à d'autre corps dont les pores sont aussi ouverts. ^

. Pour cet effet, on place l'homme sur un graoc morceau de poix, ou on le fait asseoir sur ud< chaise soutenue par des colonnes de verre, ou €!!• fin on suspend cette chaise par des cordes de soie puisque toutes ces matières ont leurs pores asses fermés pour ne pas laisser échapper l'éther dool le corps de l'homme devient surchargé par l'él^ Irisation. .-

Cette précaution est absolument nécessaire; cai si le corps de l'homme était posé sur la terre nue qui a aussi sei^ pores assez ouverts, dès que l'éthei dans le cor()s de r|)Dmme serait porté à un plui

DE L ÉLEGTRISATION DES CORPS AITIM^S. 137

haut d^ré de compression, il se déchargerait aussitôt dans laterre, et il faudrait être en état de surr charger k terre tout 'entière d'ëther, avant que l'homme devint âectrique. Or, V. A, comprend aisément que le coussin dont la boule de verre est frottée ne saurait sufi&re à fournir une si prodigieuse quantité d^éther; et quand on en voudriait tirer de la terre même, on n'avancerait rien, puisqu'on lui en ôterait d'un côté autant qu'on lui en aurait donné de l'autre.

Ayant donc placé l'homme qu'on veut électriser, comme je viens d^ l'indiquer, on n'a qu^à lui faire toucher avec la main la bouU de verre pendant qu'elle tourne, et l'éther accumulé dans la boule passera aisément dans les pores ouverts de la main,, et se répandra par tout le corps; d'où il. ne saurs^t plus échapper si aisément, puisque l'air, et tous Tes corps dont il est environné, ont leurs pores fer». mes. Au lieu de le faire toucher la boule^avec la^ maÎD, il suffira aussi qu'il touche la chaîne ou la barre de fer même dont j'ai parlé dans la l^tttç précédente; mais, dans ce cas, noQ-? seulement l'homme lui-même doit être surchargé d'éther, mais aussi la chaîne ayec la barre de fer; et comniQ cela demande une plus grande quantité d'éther, ii &ut travailler plus longtemps à faire tourner ï$ boule, pour en fournir suffisamment.

De cette manière l'homme devient tout entier éiectriquQ^ pu bien tout $on corps sera surchargé d'éther, qui y sera porté par consé(|uent au plu» haut (legl-é ô^ compression et d'élasticité, d où il selTorcera d'en édiapper.

liO m' PARTIE. LETTRE XV.

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