‹ Lettres de L. Euler à une princesse d'Allemagne sur divers sujets de physique et de philosophieChapitre 64 sur 253 · LETTRE XV · texte numérisé non relu

LETTRE XV

(21 jaiUetl76I.)

Du caractère distinctif des deux espèces de l*électricité,

positive, et négative.

V. A. se souvient que non-seulement le ven devient éteetrique par le frottement , mais qu d'autres matières, comme la cire d'Espagne et 1 soufre, ont la même propriété, en tant que lein pores sont aussi fermés; de sorte que, soit qu'on fasse passer trop d'éther, ou qu'on les en dé[>ouill d'une partie, elles se conservent pendant quelqn temps dans cet état, sans que l'équilibre soit sii^ rétabli.

Ainsi, au Heu d'un globe de veiTe on se sei aussi de globes de cire d'Espagne ou de soufre qu'on fait tourner autour d'un axe pendant qirtl frottent contre oti coussin, de la même mànièi que j'ai eu l'honneur d'exposer à l'égard d'un glob de verre. Par ce moyen on rend ces globes égah meut électriques; et en leur appliquant une ban de fer qui ne les touche que par de minces lileti ou franges de métal, incapables d'endommager 1 globe, l'éleclricité se coirtmunique aussitôt à cet! barre, d'où on peut ensuite la transmettre en d'ai t res corps à rvolonté.

Cependant on découvre ici une différence bie re^ar(|ua]|le. Un globe de verre étant rendu élec

DE l'ÉLECTEISATION DES CORPS AlTin^. 1 39

très représentent autour des têtes des saints. La raison en est assez évidente; car, puisqu'il s'en échappe continuellement quelques parties de l'étber dont le corps est surchargé, et qu'il rencontre dans les pores fermés de l'air beaucoup de résistance, il est mis dans une certaine agitation qui est Forigine de toute la lumièi*e, comme j'ai eu l'hoi»neur de le prouver à Y. A.

Mais, dans cet état oii l'homme électrisé se trouve, on reinarque des phénomènes très -surprenants: quand on le -touche, on voit non-seulemeut sortir dn lieu touché des étincelles très-(brtes, mais cet homme y souffre encore une douleur très^me. Aussi, si c'est un autre homme dans son état naturel, ou non électrisé, qui le touche, tous les deux ressentent cette douleur, qui pourrait bien avdir des suites funestes, surtout quand on le touche à la tête, ou dans quelque autre endroit très-sen^ble. De là y. A. comprend combieil petf II nous est indifférent qu'une partie de l'élher contenu dans notre corps s'en échappe, ou <fn'il en entre de nouveau, surtout quand cela se fait avec une aï prodigieuse' rapidité.

Au reste, la lumière dont on voit entouré un homme électrisé dans l'obscurité, confirme admirablement ce que j'ai eu l'honneur de dire su^ l'atmosphère électrique qui environne tous lë& corps; et V. A. ne trouvera plus aucune difficulté sur la plupart des phénomènes électriques, quelque inexplicables qu'ils paraissent à d'autres.

\A0 m' PARTIE. LETTRE XV.

Page 1