‹ Lettres de l'inconnueChapitre 4 sur 13 · i 1 i; ES · texte numérisé non relu

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une maladie dont j'ai peur maintenant. Ce mal m'a pris la première fois pour avoir trop regardé le portrait de Clara (îazul.

\ - ai-je dit quelque part, dans une de mes

nies lettres, que mon amour était promis

depuis longtemps, et que j'étais exposée à mu

marier à première réquisition? Il y a des années

que mon parrain et mon oncle ont arrangé cette

afl'iiirc-Vd. Je n'y pensais plus, non plus que Vautre

de son coté. Mon cousin (c'est lui) ne songeait

absolument qu'au salut de son âme/Kt je me ber-

l'espoir qu'il m'avait oubliée/ — à ce

point de vue, — en arrière, tout là-bas, au loin.

sur la route déjà parcourue de son éternité future.

voilà qu'il revient sur ses pas, et qu'il

me regarde pour tout de bon; c'est un bon

garçon, que j'aimais comme un frère, et qu'il ne

pas plus pénible d'aimer comme mari.

Il oe me fait pas peur, lui. Hier, à dîner, il s'est

hasardé à me dire, dans le creux de l'oreille, que

son confesseur lui avait affirmé qu'on pouvait

trèê-bien l'aire son salut dans le mariage. Et

comme je le regardais avec de grands yeux éton-

i omme une cerise el a plongé le

nez dans son assiette, comme s'il venait d'être atteint de myopie foudroyante. — « Oui, mon cousin, lui dis-je, je sais que le mariage est un sacrement respectable. — Oui, reprit-il avec feu, le mariage c'est l'absolution anticipée de ce péché qui n'en est plus un alors : de ce péché mortel qui envoie les célibataires endurcis dans les flammes éternelles, mais qui ouvre toutes grandes, aux époux de bonne volonté, les portes de la béatitude céleste ! »

Vous le voyez, monsieur, il n'y a plus à reculer, et je me trouve engagée pour la vie.

De votre côté, vous allez vous trouver bien à l'aise avec celle qui depuis un grand mois vous arrache la plume des mains quand vous voulez m'écrire

Après vingt-quatre heures, je viens de relire tout ce qui précède... — Suis-je assez folle, dear soûl! je voulais tout déchirer; mais pour me punir, je n'en fais rien, je vous envoie ma prose telle quelle, avant la lettre.

Aussi pourquoi me laissez- vous mourir d'inanition? la plupart de vos lettres sont des énigmes. Je ne m'y trouve pas et je vous y cherche en

i LETTRES

vain. Quelquefois hérisson tout pelotonné sur . autrefois chat qui fait le gros «I"-. appelle les caresses et... prépare ses griffes!

i 3-vous assez bizarre? Vous me désespérez, vous manquez de confiance et d'abandon.

Vous êtes préoccupé d'une grosse affaire, ditesvous, vous avez mille sujets de tristesse..., et c'est tout! et vous laissez là-dessus, le champ ouvert h mes inquiétudes et à mes suppositions. Et puis il me semble que vous êtes inflexible dans votre programme de vie personnelle. Vous allez là parce que c'est décidé avec vous-même, parce la vak votre égoïsme implacable. Vous ne vous détourneriez «le rien pour serrer la main amie qu'on vous tend. Vous ne retarderiez pas d'une heure les cent lieues à faire pour voir un Rubens, en laveur de celle qui sera peut-être demain pas bien loin de vous... Tenez! je vous tends encore une main pacifique. C'est un dernier appel à l'amitié confiante.

Tout ne tient plus qu'a un cheveu.

P. S. — On parle de rentrer à Paris pour le milieu- d'octobre.

God blcss y ou, dear ghostï your leller is mue h swect than the last one, I will sleep upon during a long lime. — En attendant, envoyez-moi le Moine, il me dira peut-être quelle conduite je dois tenir dorénavant à votre sujet. En retour, je veux vous faire une surprise... Attendez-vous à un travail de fée.

Pourquoi ne pas vous l'avouer? — eh bien, oui, moi aussi, je serais curieuse de vous voir avec mes yeux et de vous entendre avec mes oreilles. Et cependant il y a des raisons qui certainement m'empêcheront longtemps encore, sinon toujours,

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de me rencontrer avec \ou-. — j'y mettrai tous lins !

Je devine bien que vous avez la ferme volonté de ne jamais tomber amoureux de moi. Gardezvous-en bien. Si ce malheur-là vous arrivait par ma faute, j'en serais inconsolable.

Lit puis maigre cela, je ne m*' fierais pas à l'amitié pure d'un homme dont ceux qui m'entourent ont une opinion... qui me froisse quand manifeste, — mais qui ne lais.- pa d'ébranler ma confiance quand j'y réfléchis.

Oui, — au point de vue de ma propre sûreté,

— j'ai moins confiance en votre amitié pun .

amour sincèri . L'amitié exige plu9

que l'amour. L'amour vrai vit surtout d'espé-

\\r/-vons in, dans les lettres de Desmoutiers

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