‹ Lettres de l'intendant Bigot au chevalier de Lévis [microforme]Chapitre 3 sur 15 · DIRE AMI BG CI WE · texte numérisé non relu

DIRE AMI BG CI WE

Je vous rends bien des grâces de l'espérance que vous me donnez de me faire part de ce qui se passera de nouveau pendant votre commandement; je vous en serai sensiblement obligé.

Québec, 17 septembre 1758.

Je réponds à la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire en faveur de M. Meslié. Il ne pouvoit assurément trouver un meilleur protecteur que vous, et je ferai de mon mieux pour lui faire procurer ce que vous souhaitez pour lui. Si vous voulez l'avoir, supposé que vous alliez au lac Ontario, je vous l’enverrai. M. le marquis de Vaudreuil n'attend qu'à savoir au juste la position des ennemis pour se décider sur les opérations,

Je voudrois fort apprendre la retraite des ennemis du fort Georges, par rapport à notre armée qui doit être fatiguée d’être si longtemps sous la toile et au lard,

Les troupes qui ont fait le siège de Louisbourg ne paraîtront pas au fort Georges. Elles n’arriveront dans nos quartiers et elles ne se répandront à Orange que pour le quartier d'hiver. Je le pense de même. Elles doivent être fatiguées; mais nous les verrons de bonne heure l’année prochaine.

Je suis dans une cruelle inquiétude sur le sort de Niagara, quoiqu'il nous soit arrivé des canots partis le 1°° de ce mois qui n’ont rien vu; il n’est pas sûr que les Anglois n’y aient pas été par le sud,

LETTRES DE L’INTENDANT BIGOT 37 j

} vous La partie du lac Champlain est approvisionnée en 4 ra de vivres jusqu’au: 1° juillet. | us en M. de Bourlamaque arriva hier bien fatigué. | 4 Je vous suis fort obligé de votre attention à me faire ni part de la petite alerte que vous avez eue par cinquante 4 berges, Je me flatte qu’elles seront venues seulement : fl pour découvrir ce que vous feriez et la quantité de 4 monde qu’il y avoit au Portage. À onneur Jouvoit XXV ù î ous, et À ce que Québec, 25 septembre 1758.

supposé | Je suis bien sensible à l'attention que vous avez bien 1 i. M. le voulu avoir de m'envoyer la déposition du dernier juste la déserteur, Je pense, pour moi, que tous les préparatifs rations. de l'ennemi du côté du lac Saint-Sacrement tendent à emis du venir attaquer Carillon, à l'ouverture du printemps. 1 it être Ainsi, il faut trouver un moyen pour pouvoir s’y rendre | ard. en avril dJ’en parle à M. le marquis de Montcalm (4 ue n° : et à M. le marquis de Vaudreuil, pour se déterminer | nt dans sur ce qu'on doit faire à bonne heure, afin de décider | pge que l'envoi des vivres dès cet automne, Elles Vous aurez su qu’on compte à Montréal que les | bonne Anglois n’ont pas été à Niagara, sur ce que nos barques 5h ont été brûlées à Chouaguen. Les officiers angiois sort de prisonniers qui sont ici pensent qu’ils y ont été. Sur artis le ce que l’on croit à Montréal, M. de Vaudreuil a changé Ï pûr que ses projets. Vous aurez été informé qu'ils se sont

terminés à envoyer M. Duplessis avec son armée à Frontenac. dJ’envoie le sieur Cressé pour y construire avec vous ce qu'il faut.

T1 ne s’agit plus que de savoir comme se tournera la Belle-Rivière (sic), et si Monsieur le général ne sera pas obligé de vous y envoyer, si elle est prise. Nous serons bien foibles pour nous éparpiller tant, d'autant plus que l’habitant est sur les dents et qu’il commence à bien s'ennuyer de la guerre.

J'ai, pour moi, grande espérance qu'on fera la paix cet hiver. Comment feroit la France pour faire passer ici dix mille hommes qu’il faut au moins, avec des vivres ? Risquera-t-elle sa marine ? Il le faut cependant; ou faire la paix, ou perdre le Canada,

Les Anglois ont été prendre possession de l’île Saint- Jean. Ils en transportent les habitants à Louisbourg et de là, sans doute, en France. Il y a quatre mille âmes au moins. Ils ne donnent qu’un coffre par famille,

Il reste sur l’île cinq ou six mille bêtes à cornes qu'ils n'ont pas voulu leur payer, disant que le Roi d’Angleterre n’en avoit pas besoin, Ils en feroient autant peu à peu aux Canadiens, s'ils prenoient ce pays-ci.

Honorez-moi, je vous prie, d’un peu de part dans votre souvenir.

Braor.

P. S.— M"° Péan m'a chargé de l'honneur de vous marquer qu’elle est bien sensible à votre souvenir et de vous faire bien ses compliments.

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