M. Anisson avait été élu député
ingrate pour cet immense bienfait qu'elle nous a accordé de permettre que mon mari contribuât pour sa part à ce retour du bien-être. Il me semble que je le sens, et pourtant les chagrins individuels envahissent toujours mon âme. Le temps ne fait rien à ma douleur, l'image de ma chère enfant me devient toujours plus présente, et ma plaie est la même. Je crois qu'il faudra la porter telle qu'elle jusqu'au tombeau, mais, grâce à Dieu, je la porte en paix et en espérance. C'est singulier qu'on puisse chaque jour devenir plus calme, tout en étant aussi triste, et que dès ce monde on puisse avoir la joie dans l'âme et la douleur dans la chair comme si la séparation était faite.
Adieu, chère amie, je prie Dieu pour toi et tes enfants de tout mon cœur. J'embrasse M. Roger *, et je l'assure qu'il y a de quoi manger à Auteuil. Je n'ai pas encore pu écrire à Prosper, j'ai besoin de ses nouvelles pourtant.
Adieu, mille tendresses.