‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-RoyalChapitre 101 sur 246 · CVIII.— A MademoiseUe Pascal · texte numérisé non relu

CVIII.— A MademoiseUe Pascal

Sur le retardement de Dieu dans les âmes.

25 février \ 650.

Nous eûmes hier un sermon admirable de M. Singlin. Je vous y aurois souhaitée, sinon que j'aurois eu peur que cela eût irrité votre désir et rendu votre attente plus pénible. Notre-Seigneur tous veut purifier parce retardement, de ne l'avoir pas toujours désiré; car il faut avoir longtemps faim et soif de la justice pour expier le dégoût qu'on en a eu autrefois.

Saint Augustin sur ces paroles du Prophète-Roi : Sed tu, Domine, usquequo (Ps. vi, 3), exprime à merveille ce retarde** ment de Dieu dans les âmes, qui désirent l'abondance de ses grâces, et auxquelles Dieu les diffère : Vides animam luetantem cum viliis suis et à medico dilatam, afin que la santé lui soit plus chère.

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