V. — A M. ARNAULD D ANDILLY
Très-Saint- Sacrement. Je vous envoie la copie de celles des filles de la Visitation, et une autre de la bulle de ce nouveau monastère. Notre mère m'a commandé cela avant de partir; je crois que ce n'est pas sans avoir parole de vous que vous prendriez volontiers cette peine plus digne de votre emploi que la recherche de la généalogie des rois de la terre qui s'effacera enQn dans la consommation des siècles^ mais non pas cet objet infini qui est le Roi des temps et de l'éternité. Je le supplie de tout mon cœur qu'il vous donne une éloquence autant extraordinaire que le sujet est rare, afin qu'elle puisse persuader et ouvrir les yeux de ceux qui pourroient combattre cette œuvre pour leur faire voir qu'elle doit être adorée et acceptée comme une pensée divine, et non pas examinée comme une invention de l'esprit humain.
Nous sommes ici occupées aux prières des Quarante-Heures pour la santé de Monseigneur le Comte ; on nous assure qu'il est hors de danger. Notre mère * se trouve fort bien au lieu où elle est, elle n'oublie pas pourtant le monde de deçà. Nous avons quantité de recommandations à vous faire de sa part. Je vous demande permission de présenter les miennes trèshumbles à madame de la Boderie* et à ma chère sœur^ Je suis...
Ma mère ^ s'est trouvée mal ; elle est mieux, Dieu merci ; on lui fait prendre les eaux : elle vous salue et toute la famille ; toutes les sœurs et ma cousine en font de même.
Mon très-cher frère