CCXXXIX. — A LA SCBUR FRANÇOISE DK S^*- CLAIRE
GCZXXIX.~A la saur Françoise de Sainte-Glaira Sonlain K
Sur sa disposition d*hurailité devant Dieu, et sur son union avec la sœur
Gertrode.
Gloire à Jésus au Très-Saint-Sacrement I
Ctf 29 ((ieœmdre 4 654).
Ma Irès-chère sœur^ Je me réjouis de ce que vous vous trou* vez aussi bien en une maison qu'en Taulre^ et de ce que votre imbécillité (que vous appelez) vous suit partout. 11 n'est pas à propos que tous en soyez privée dans le temps où les animaux trouvent leur place dans la naissance du Fils de Dieu; et nous entrerons bientôt après cette quarantaine dans une autre où Notre-Seigneur demeuroil avec les bétes. Ces deux temps vous donneront moyen de faire du progrès dans cette disposition animale^ où vous aurez pour protecteur le saint roi David, dont il est aujourd'hui la fête, qui se glorifie d'être comme une jument devant Dieu. Les honneurs qu'on vous rend ne vous doivent point être désagréables, puisqu'il y a apparence que c'est ensuite de cette qualité de bête de Dieu qu'on vous les rend, et qu'on ne feroit pas grand cas de vous si vous étiez une créature raisonnable, et raisonnable comme beaucoup d'autres. C'est pour vous perfectionner dans la propriété d'une bête de charge que vous désirez de ne manquer à rien de la règle, afin de faire voir que dans un petit corps vous avez un grand cœur. Tout cela est bien merveilleux, et qui mérite notre édification, pour ne pas dire notre admiration. Au reste, on chante ici Ecce quam bonum habitare fratres in unum, aux vêtures des filles seulement; mais vous le chantez tous les jours par un concert de volontés avec ma sœur Gertrude. Quelle merveille que deux personnes qui n'ont point d'autres rapports ensemble que ceux que donnent la grâce, la reUgion, la charité et la conversation de plusieurs années, puissent sitôt s'accoutumer ensemble et
1 Elle était religieuse professe de la congrégation de Notre-Dame, et fut associée k Port-Roval vers 4664. BUe est morte le 45 avril 1665.
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vivre dans une parfaite union-: cela est fort admirable^ et me fait désirer d^a voir part aux prières de toutes les deux.
te suis à l'une et à l'autre toute acquise en Jésus-Christ Notre-Seigneur ,
Sœur Agnès de Saint-Paul.
Je vous supplie, ma chère sœur, d'écrire le plus tôt que vous pourrez à la mère Baptiste, pour la remercier de la corbeille : encore que ma sœur Anne Tait fait^ cela ne sufQt \ïas. Je crois que vous avez reçu vos livres.
GGXL.— A la sœur Marie de Saint-Joseph Midorge.
Quelles soDt les ressources d*une religieuse privée de la consolation
des observances régulières.
Gloire à Jésus au Très-Saint-Sacrement!
Ha très-chère sœur, Je ne doute point que votre état ne soit très-pénible, vous voyant privée de la consolation que vous receviez des observances régulières. Vous savez bien néanmoins que ces mêmes choses, quoique bonnes et saintes, se rapportent plus à rinûnnité humaine, qui a besoin de quelque chose de matériel, que non pas à Dieu, qui est un esprit pur et invisible. C'est pourquoi dans le ciel où Ton est occupé dans des louanges continuelles, il n'y a point de temple, ni de lumière du soleil ni de la lune, parce que l'Agneau est la lumière et le temple dans lequel les saints l'adorent sans cesse par l'union qu'ils ont a Dieu et à Jésus-Christ. C'est en cette manière que Dieu veut être honoré de quelques fimes en certain temps de leur vie. Il leur ôte le pouvoir d'aller à l'église, pour leur en faire trouver une dans euxmêmes, où le Fils de Dieu nous apprend que le royaume de Dieu se trouve. Que si son royaume est dans nous, son temple y est aussi, et nous l'y trouverons toujours si notre foi est assez éclairée pour ne pas ignorer une si grande vérité. C'est donc bien à tort, ma chère sœur, que nous nous plaignons de ce qui nous manque au dehors, puisque nous avons tout au fond de notre âme, où nous le possédons bien sûremenl^