‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-RoyalChapitre 178 sur 246 · CCXLV.— A la sœur Madeleine de Sainte-Ghrâstine Briquet · texte numérisé non relu

CCXLV.— A la sœur Madeleine de Sainte-Ghrâstine Briquet

Pour lui recommander Tamour du travail.

[Janvier 4655.)

Vous ne pouviez me faire une demande qui me fût plus agréable, ma très-chère novice S que de me prier de demander à Dieu qu'il vous donne son amour comme à sainte Agnès. Tous avez un sujet particulier de regarder cette sainte comme votre modèle^ puisque vous avez le même âge dans lequel elle a donné des preuves si merveilleuses de sa charité. Que si Dieu Ta voulu rendre un prodige de grâce^ à quoi nous ne devons pas aspirer nous en estimant trop indignes^ il faut toutefois tâcher d'être une petite copie de cet excellent original en vous représentant ce qu'elle faisoit dans son enfance, où vous devez présupposer qu'elle a eu toutes les vertus que vous vous plaignez de n'avoir pas^ car autrement elle n'auroit pu arriver à ce comble de charité en quoi elle surpasse beaucoup d'autres saints. Pour moi^ je crois qu'elle aimoit le travail et qu'elle étoit toujours occupée^ parce qu'elle savoit que Notre-Seigneur Jésus-Christ avoit employé trente ans de sa vie à travailler, afln que les personnes qui n'ont pas besoin de gagner leur vie ne crussent pas être dispensées du travail, voyant que

1 La sœur Amie-Eiigénîe de riocaroation Amauid, morte le 1*' janvier i653.

* Elle rappelle sa novice, parce que ceUe sœur Tappeloil en ce lemp»-là sa matire99e. (Noie du manuicrit.J

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