XV. — A MADAME LE MAITRE
pour se passer docteur en celle-là^ parce que les études que l'on en fait ne sont pas si assidues. Celle à quoi vous aspirez avec tant de travail vous fera trouver Tautre^où, dans le repos de Tesprit^ on apprend ce que l'onction du Saint-Esprit enseigne^ sans autre peine que celle d'écouter ce qu'il nous dit au cœur.
L'on nous a dit que vous travaillez sur les Psaumes de David; vous savez que c'est notre entretien ordinaire en disant le saint office, ce nous seroit consolation de recevoir lumière de vos pensées pour les réciter avec dévotion. Votre science . vous rend redevable aux ignorans, et Tobligation d'un bon frère vers ses bonnes sœurs, qui ne leur doit rien refuser qui soit en sa puissance. Je ne le demande néanmoins qu'en temps et lieu, et au cas que nous en soyons capables, aimant autant la privation pour nous, comme l'abondance vous est due dans la plénitude de la lumière divine où lasapience éternelle vous donne entrée pour en communiquer quelque peu à une personne à qui la nature ni la grâce n'y donnent aucune part.
Au reste, mon cher frère, je désire que parmi tous vos livres vous ayez une carte du monde, et qu'entre les six parties dont elle est composée, vous regardiez principalement l'Europe, et dans l'Europe la France, et dans la France la Bourgogne, et dans la Bourgogne la ville de Dijon, et dans la ville de Dijon le monastère de Tard, et dans Tard deux religieuses qui vous appartiennent, et à qui vous appartenez par une relation qui ne sauroit manquer. Ma sœur Marie de Jésus-Cbrist vous salue de tout son cœur, et vous supplie de la connoitre comme elle TOUS connoit et de l'aimer comme elle vous aime. Je vous fais la même prière, et de me croire autant que je suis, Mon très-cher frère.
Votre bonne sœur, sœur Agnès de Saint-Paul,
Indigne religieuse bernardine.