XV.— A Madame le Maître
Sar les soins qu*elle avait auprès de madame la duchesse de Longueville.
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Ma très-chère sœur. Je pense que vous participez aux qualités des corps glorifiés qui ne sont pas assujettis aux nécessités
humaines, c'est une preuve bien assurée que celui qui tous soutient aime votre travail, et que c'est de sa part et par un trait de son amour vers cette âme qui lui est si chère, qu'il vous donne la grâce de la pouvoir servir avec tant de persévérance. Mais, mon Dieu, qu'il m'ennuie que nous n'apprenions la fin des maux de notre bonne princesse! Je crois qu'elle a honoré le Fils de Dieu dans Fétat qu'il a porté de n'avoir aucune partie de saine en tout son corps. Il est besoin d'une vertu aussi forte que la sienne pour se soumettre à Dieu parmi tant de maux ; mais une âme éclairée de la lumière divine, regarde les souffrances dans Tamour et Testime que Dieu en fait. 11 vous gouverne, ma chère sœur, comme il lui platt, et toujours au contraire de vos désirs; c'est le moyen d'être toujours dans la pureté de la grâce qui se discerne bien mieux quand elle n'est point mêlée parmi nos inclinations; et je vois que Dieu traiteroit ainsi toutes les âmes si elles en étoient capables; car il ne désire rien tant que de détruire en elles tout ce qu'il y a de bon et de mauvais, afin qu'elles ne possèdent rien que par sa dépendance. Je crois que vous rendez autant d'honneur à Dieu que l'on faisoit en l'ancienne loi, où il y avoit les sacrifices du matin et celui de vêpres ; aussi ne vous contentez-vous pas devons donner une fois le jour à Dieu pour être où vous êtes, mais vous avez besoin pour vous fortifier de renouveler votre sacrifice, et de présenter souvent sur l'autel de la volonté divine l'instinct de retraite qui vous possède si puissamment ; mais où Dieu parle, il faut se taire; ou si l'on a quelque chose à dire , ce doit être pour le supplier que tout ce que nous désirons soit soumis à son ordonnance.
J'en dis trop, ma chère sœur, sans qu'il ea soit besoin, c'est seulement pour dire quelque chose qui vous fasse voir que je vous ai continuellement présente, et Dieu en vous qui y règne selon son bon plaisir. Adieu, très-chère.
Ha sœur Marie de Jésus-Christ et toutes vos amies vous saluent très-humblement.