XLIV. — A LA SQELR ANGÉLiyiE DE SAINTE-AG>ÈS
conjointe à Dieu en s'accusant, et qu'en haïssant eu nous ce que nous avons fait. Dieu commence a aimer ce qu'il a fait, c'esl-à-diic nos unies. Il me semijle que vous n'estimez pas assez la grâce que Dieu vous a laite en celle occasion de vous accuser autant qu'il failoit. C'est la disposition à une autre grâce qui vous ajiprochera de lui pour le posséder et être possédée de lui par ia saiiile communion. Je mu recommande à ■vos prières pour la faire comme Dieu veut, et dans la correspondance à révangile d'aujourd'hui.
Ne savez-vous pas, ma cliére sœur, (|ue nous ne sonmies autre chosequopposiliona la grâce, sinou quand Dieu nous y fait rendre; et peul-ètre est-ce la même chose du péché auquel nous sommes toujours attachés^ jusqu'à ce que Dieu nous en lasse dtquendre. C'est pourquoi il faut toujours adlierer à Dieu autant qu'on j»eulen toutes ses actions, parce que parce moyen ou n'adhérera point au péché. Celui qui est né de Dieu ne ijèrlic jjuiiiljCar la (jénéralion céleste le yarde.iJv, je |)euse que cette naissance est le renouvellement continuel que nous faisons en Dieu, en tournant nos regards vers lui; car d'aspirer à un éliit permanent, cela ne se peut. David dit : Averlisli facieni luiun à me, etc. Yous avez, Seigneur, détourné voire face de moi, elj'ai été troublé. Quand Dieu donc cesse de nous regarder, nous sommes troublés. Une s'il se détournoit de nous aussi souvent que nous le faisons de lui, nous defaudrions non-seulement tous les huit jours, comme vous dites, mais [lus de cent lois le jour. Ce n'est donc i)as parler chreliennement, mais humainement, de dire (jue vous élcs comme au désespoir de vos inconstinces ; comme s'il dépendoil ilo votre courage tie demeurer ferme dans les bons mou\emens (jue Dieu \ous donne, et que vous devez produire aulaul de lois qu'il vous les renouvelle, bien (|ue vous sovez au hasard el quasi comme assurée que vous n y perséveierez pas. Car vous ne devez pas prelendie être plus juste (jue lea justes qui, selon rtcriture, tombent sept fois le jour. El c esl en cela que consiste leur juslice, de ce (jue leurs chutes sont suivies il autaul do relevemeiis, dans lesquels ilspuiilient leur» fautes, «il se justilient da\aijtage par laccroissemenl de leur humilile.
.Nous avons écrit ceci a diverses reprises, jo ne peiisois pas
devoir tant tarder à \ous l'envoyer; je suis marrie de vous avoir mise en peine de la vôtre. Je vous assure que mes retraites ne me donnent guère de loisir. Ce n'est pas aussi ce que je prétends d'êlre plus à moi, mais seulement plus à Dieu, en m'occupant moins de mes occupations, qui ne meferoient point de tort si elles ne m'ôloient que le temps, et non l'esprit d'oraison que je demande à Dieu pour vous et pour moi, et pour toutes nos sœurs, et qu'il lui plaise d'accomplir sa promesse, qu'il répandra sur la maison cV Israël (et c'est nous qui sommes le vrai Israël de Dieu) V Esprit de grâce et d'oraison, et par consé(iuent TEsprit de force, de consolation, de paix, de joie, de coufunce, et tout le reste qu'il a promis à ceux qui prient sans inlermission, disant que Dieu exauce ses élus, qui crient à lui nuit et jour.
Je suis tout a. vous, ma chère sœur.