XLV. — A 1 A SfFAB ANGÉI.IOl'E DE SAINTE-AGNÈS
qu'on doit avoir a Dieu même, selon ces paroles : Adh(V!^i( anima mea posl te '.
Pour ce qui est de votre tristesse, j'aurois beaucoup de choses à vous en dire, car il n'y a rien que je condamne pins en vous, parce qu'elle naît d'orgueil qui ne vous permet pas d'agréer la conduite de Dieu sur vous, qui est de vous humilier par de fréquentes attaques (jui rabaissent votre esprit et le rendent dépendant des créatures par le recours que vous devez avoir à elles pour votre secours et relèvement. Vous devez donc regarder cette tristesse comme le plus grand eml)èchement que vous ayez au bien, tant en sa cause, qui esl l'amour-propre et l'orgueil, qu'en ses effets, qui sont la mauvaise humeur qu'elle produit. Et au lieu que vous fomentez voire tristesse par l'application que vous y avez, vous la devez arrêter autant (pie vous pouvez par la consolation (|u'on vous donne de la part de Dieu , cpii esl qu'il vous aime , qu'il achèvera en vous ce qu'il a commencé, et semblables choses (pie la foi et la confiance en Dieu vous obligent de croire, et en les croyant d'être toute fondue en actions de grâces, (jui esl un excellent moyen pour en altirer de nouvelles; au lieu que l'ingratitude, ou |)Our le moins l'omission de louer Dieu, nous rend dij^nes de perdre les dons (ju'il nous a faits; car on donnera à celui qui a, c'est-à-dire, à cehii qui connoît qu'il a reçu ; mais à relui qui n'a rien, parce (pi'il n'estime pas ce (|ue Dieu lui donne, on lui ôlera ce <juil n'a /vas et (pr'on lui avoil préparé s'il eût été reconnoissant. Vous répondre/ à cela (|ue vous connoissez bien la miséricorde (pie Dieu vous a faite, cl que c'est cela même (pii vous afflige, parce (pie vous n'y correspondez pas. Si ce sentiment poiivoit être bon dans un autre, en vous il fait plus de mal (|ue de bien ; et quehpie peu de sujet que vous ayez d'exercer la confiance, vous le devez faire comme étant r(ruNr(! de Dieu en vous, et non celle de votre propr»! esprit.
Quant à l'inconstance dont vous vous plaignez, c'esliin mal doiilpersonnen'e<t cxcnipl.puisipi'il est oscnlicl a la ircatiii»! (pu esl sujette a vanité, e'csi-a-dire, au ehaiigemeiil. Kl (piand
I P>. un, V. '.».
je vous fais des reproches là-desssus, ce n'est pas que je vous croie fort coupable en cela, mais pour vous faire davantage connoître le peu d'assurance qu'on doit avoir en soi-même, puisque aussitôt que Dieu cesse de nous regarder, nous sommes troublés.