‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. Faugère (volume 2)Chapitre 144 sur 205 · LXVI. — A une religieuse de Port-Royal · texte numérisé non relu

LXVI. — A une religieuse de Port-Royal

Faire pénitence. — Se priver do tout pour Dieu.

Ma sœur, Je loue Dieu de vous avoir fait connoîfre le fond de votre mal, qm' est que vous ne cIkmcIio/. point sa ji^ràce comme il faut, c'est-à-dire, avec travail et persévérance. Faire pénitence ne veut dire autre chose que de se faire violence à soi-mèiuf, se inorlificr cl letioucerà ses salisfactinns, puis(jue c'a été en les clicrclianl et désiiaut (jue l'on s'est él(»ij:u(' de Dieu. Vous avez expérimenté plusieurs fois (|uc von? aviez de lallat liiiucnt à ceux (jui vous conduisent, doirant de parler sans besoin, et ne le faisant pas dans la sinctiité et la sinq)licité qui est re(|uise. C/tst pour(|uoi vous avez raison de croire que vous vous «mi devez priver et ne le <lemander que dans le besoin, et lors n'y rien prétendre (|ne de vous humilier en découvrant vos plaies. J(! ne doute |)oiul tpii; vous n'ayez peine à vous résoudre à cela, |iarc«' (|ue c Vsl la seule chose <|u'il semble (|irGn se |)ui.^se réserver justement ; mais en usant mal elli' est Ircsiniisibif. Si vous vous pri\«'/. de tout jiour Dieu, il vous sera toutes choses; mais vous w'tu saïuic/ aNoir le cou-

rage si Dieu ne vous le donne, et si vous ne lui demandez continuellement.

Page 1