‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. Faugère (volume 2)Chapitre 153 sur 205 · LXXIII.— A une religieuse de Port-Royal, à P.-R.-des-Champs · texte numérisé non relu

LXXIII.— A une religieuse de Port-Royal, à P.-R.-des-Champs

La solitude inlérieure consiste dans le recueillement qui nous fait trouver Dieu au dedans de nous.

Ma très-chère sœur, Je vous envoie ce que vous avez désiré de M. de Saint-Cyran ; il s'est rencontré, par mon oubliance, que vous ne l'avez point eu jusqu'à ce que vous ayez été en un lieu qu'il a fort aimé ', et qu'il n'aaroit pas approuvé que nous eussions quitté, si on eût pris son conseil. Je crois que Dieu l'a permis, parce qu'il vouloit multiplier le nombre des personnes qui le dévoient servir dans cette maison. Demandez à Dieu, ma chère sœur, qu'il vous fasse goûter les fruits de la solitude que ce saint homme eslimoit tant, mais principalement l'intérieure, qui consiste au recueillement par lequel on trouve le royaume de Dieu qui est dans nous. Cette vérité que le Fils de Dieu nous enseigne nous ôte la difficulté qu'on croit qu'il y a à s'approcher de Dieu, puisqu'il nous est plus présent que nous ne le sommes à nous-mêmes. C'est pourquoi il n'y a rien à faire qu'à se souvenir des trois paroles de saint Paul :

* Port-Royal-des-Chauips.

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