‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. Faugère (volume 2)Chapitre 89 sur 205 · XV.— A Madame d'Aumont · texte numérisé non relu

XV.— A Madame d'Aumont

Honorer el imiier la passion de Nolre-St^igneur Jésus-Chrisl.

Voici de quoi faire votre lecture ces jours-ci. Je vous supplie de le faire toujours avec de fréquentes |)auses, afin qu'elle distille goutte à goutte dans votre âme, comme dit le bienheureux l'Yançois de Sales. Kn ces jours où on voudroit bien être l>lus touché (ju'a l'ordinaire, il faut faire encore moins d'ell'ort, ne voulant rien avoir s'il ne pl.ùl a Dieu de nous le donner; et ce sera inùler la passion de Notre-Seigueur Jésus-Christ (jue de souUrir son insensibilité avec une douleur paisible, par respect à la gràcf (jui doit scub; émouvoir nos cœurs. El c'est pciit-rtro pour ccl.i que le Fils de Dieu ne vouloit pas (jue les tilles de Jérusalem pleurassent sur lui, parce <|ue n'ayant pas une foi entière, leurs larmes n'éloient pas prodiùtes par le Saiul-Kspnt, saus lequel nous ne saurions pleurer di^ueuient pour un sujet si divin. Le silence intérieur et extérieur doit être notre principale dévotion, pour bouorer le silence lie

38 i LETTRES DE LA MÈRE AGNÈS.

Noire-Seigneur Jésus-Christ qui a été mené comme un agneau a la bouclierie, et n'a pas ouvert la bouche.

Page 1