XVI.— A Madame d'Aumont
De quelle manière on doit se conduire dans les maladies.
Ma très-chère sœur, J'ai tremblé en lisant votre billet jusques à la moitié, ne sachant ce qui vous pouvoit être arrivé de si affligeant à votre conscience. Enfin j'ai trouvé une faute, qui, à la vérité, n'est pas des plus petites, mais qui n'est pas aussi fort grande; et les circonstances que vous dites qui la rendent plus griève, c'est, ce me semble, ce qui la diminue, y ayant apparence que l'acceptation que vous aviez faite de l'avis que iM. Singlin vous avoil donné de souffrir voire mal avec les suites, avoit diminué en vous la répugnance que vous y pouviez avoir et augmenté votre résignation; de sorte que ce qui a paru n'esl qu'une saillie de la nature, qui s'est irritée de ce qu'on la pressoit de tous côtés, et par les médecins, et par le confesseur, qui veulent l'un et l'autre ce qu'elle n'aime pas. 11 y a néanmoins bien de la différence des remèdes de l'àme à ceux du corps; car les premiers doivent être acceptés sans discernt'inenl, dans la créance qu'ils sont utiles el nécessaires; mais pour les autres, vous avez votre franc arbitre, duquel vous pouvez user sans enfreindre aucune loi, y joignant la prudence et l'expérience de ce qui vous est propre; et vous devez faire ce discernement dans la paix de votre esprit, sans vous fâcher contre ceux qui vous font des propositions conformes à leur métier. Je vous supplie donc de lai^ser là cette faute, qui ne me semble guère considérable en elle-même, mais qui le pourroitèlre en sa racine pour laquelle il faut dire : Ab occullis mets munda me. Domine. Bonjour, ma chère sœur.
XVn. — A Madame d'Aumont.
Au sujet d'une affliction.
Ma très-chère sœur. Je suis bien punie de ne vous avoir pas