‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. Faugère (volume 2)Chapitre 94 sur 205 · XX.— A MADAME DE LONGl'EVILLE · texte numérisé non relu

XX.— A MADAME DE LONGl'EVILLE

afln de n'être pas ai>pclco devant une antre jnstice qui me jugeroit peut-être san? m'cnlcndre. Soyez donc contente de moi, je vous supplie, ma clière sœur, et n'entrez pas si facilement en défiance de ma soumission, qui me tient lieu de toutes choses, puisque Ton ne me rej)rend (lue de cela. Au reste, vous avez une vraie fièvre, c'est de (luoi troubler notre fête. Il faut, s'il vous plaît, vous soumettre à l'Écriture Sainte, qui ordonne de voir et d'honorer le médecin, parce que Dieu l'a créé pour la nécessite. Entre tous les maux, la fièvre est le plus indispensable, parce tiuelle a un ascendant sur les autres maux, en ce qu'elle préside toujours lorsque l'on meurt, car encore qu'on en guérisse i>lusicurs l'ois, il n'arrive guère pourtant qu'on meure qu'avec elle. C'est pourquoi on la doit toujours recevoir avec respect, de peur que le mépris qu'on en feroil ne l'irritât davantage Je m'attends que ma sivur Mario- Dorothée de l'incarnation me rapportera votre consentement pour voir demain M. Quenault. J'espère que vous aurez bientôt le bon médecin de votre âme, que vous n'avez vu aujourd'iiui qu'en passant.

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