XX.— Â Madame la duchesse de Longueville
il 'ose me promettre que Votre Altesse n'aura pas désagréable que je me donne l'honneur de lui faire celle-ci, après avoir été comblée de ses faveurs par les témoignages (ju'il a plu à son extrême bonté de nous en donner dans toutes les occasionsj c'est ce qui m'oblige, Madame, de vous assurer que si tout ce qui vous touche nous a toujours été sensible, nous ne pouvons pas ne point pri*ndr(,' une très-grande part a \olre douleur f)Our la perte que vous venez de faire de la personne du monde que vous rcsjtectirz davantage, (^esl, Madame, ce qui nous oblige de redoubler nos prières pour demander à Dieu <|u'il vous donne par sa grâce la force de porter une si rude sépara-
• Celle leUre doit élre de IGi6, année de l;i innit do Henri H de BnurboD, prince deCondé, pèie «le M"" de l.ongiioville. Celle |iriiiee>se ii'élail pas encore liée avec l'orl-lloyal. Ij leitro doit donc flrode l:i M<*re Agnè><, carniclile (M"» <le Bellefond».)
tion. Nous espérons. Madame, qu'étant aussi chrétienne que vous êtes, vous recevrez de la main de Dieu l'épreuve qu'il veut faire de votre fidélité; et comme il n'y a rien que vous n'eussiez voulu faire pour agréer à feu Monseigneur votre père, vous n'aurez pas moins de zèle pour rendre à Dieu, qui mérite plus que tous les pères ensemble, la préférence qui lui est due, et qui sera lui-même comme un médecin céleste à qui vous vous adresserez pour lui demander le remède de la grande plaie qu'il a faite dans votre cœur, non pas en vous la rendant insensible, mais en vous la faisant souffrir avec une soumission parfaite à sa volonté, qui nous guérit en nous blessant, et qui nous apitroche de lui après nous avoir éloignés de ce qui partageoit nos affections, atin de les réunir entièrement pour lui.
Ce sont. Madame, les souhaits que je fais pour Votre Altesse, de qui je suis avec un très-profond respect, elc,
XXL— Â Madame la duchesse de Longueville.
Encore que je sois assurée que Votre Altesse sérénissime me fait l'honneur de ne pas douter de la sincérité de mes respects, je dois néanmoins lui en donner quelque preuve, en l'assurant que je suis autant touchée que je le dois être de la perte qu'elle vient de faire % et de toutes les suites à quoi elle engage, que je ne doute point qui ne soient extrêmement pénibles à sa piété qui a des inclinations toutes différentes. Il n'y a, Madame, que la sagesse de Dieu et sa grâce qui les puisse allier et vous faire trouver la paix de votre cœur dans ses plus grandes agitations. C'est, Madame, ce que Jésus-Christ fait dans cette grande fête où il envoie son Esprit-Saint pour soutenir notre inflrmité, et pour rendre possible aux âmes tout ce qu'il demande délies. Et connue il vous a mise en état de participer à ce don céleste, c'est. Madame, ce qui me fait espérer qu'il vous remplira d'une force et d'une vertu proportionnée au besoin extraordinaire
1 La mort du duc de Longueville, son mari, arrivée le 11 mai 1663, le veHdredi avant la Pentecôte.