‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. FaugèreChapitre 112 sur 247 · LXXXI.— A MONSIEIR ARNAILD · texte numérisé non relu

LXXXI.— A MONSIEIR ARNAILD

plus VOUS donner de relâche intérieurement, mais faire état que vous êtes déjà engajiée dans le service de Dieu, et qu'il ne vous est plus permis de prendre aucune part au monde. La grâce fait toujours son œuvre au dedans, avant qu'elle paroisse au dehors. Il faut que Hieu vous voie hors du monde, avant que vous en soyez sortie. C'est bâtir sans fondement que d'entrer en reli^'ion sans avoir le cœur détaché du monde : ceux qui y entrent de la sorte n'y sauroient demeurer, comme vous l'avez éprouvé, ma chère sœur. Il ne faut pas s'attendre que la religion donne ce qu'on n'a pas; elle n'est que pour suivre la grâce, et non pour la devancer; elle cultive le bien qu'elle trouve dans les âmes, mais elle ne l'y met pas. Adressez-vous à Dieu pour être préparée comme il faut, afin que vous portiez avecvousen entrant en religion les gages de votre persévérance. Adieu, ma chère sœur, je suis toute à vous en Jésus-Christ.

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