XCIX.— A LA «iFlR MARIE-DOROTHÉE DE L'INCARNATION
Lettre de la sœur Marie-Dorothée de l'Incarnation Le Conte à la mère Agnès Arnauld.
Elle lui demande la permission de remplacer le jeûne du corps par le jeûne île l'esprit.
Comnu'ucemcnt du curi'me 1649 (vcrK le 4 8 février). Ma mère, J'ai eu pensée de tâcher à réparer le défaut de ne pouvoir jeûner par le jeune volontaire de tout ce qui me pjeut satisfaire, et ce que je désire particulièrement rctranclier, c'est la satisfaction ipie j'ai à parler avec des personnes pour qui j'ai de linclinaliou. Il me semble que j'entreprends un grand ouvrage, et qui me fait quasi horreur quand je l'envisage, et me fait croire que je n'aurai jamais la force de m'y rendre dans la tidélité (ju'il faut, et cela m'empêche d'offrir à Dieu cette pensée avec joie, comme saint Benoît l'ordonne. S'il vous plaît, ma mère, de me permettre pour obtenir la grâce de l'accomplir, de porter une ceinture les jours que je ne me trouverai point mal, cela m'aidera à me souvenir, et ne m'all'oiblira point trop, car ce n'est qu'un cordon de crin; je ne fais point la discipline, ni je ne couche point sur une paillasse, ni je ne saurois veiller, non |)lus (lue de dormir moins que de (juasi huit heures.
XCIX.— A la sœur Marie-Dorothée de l'Incarnation Le Conte. Sur le jeûne de rcspril, et sur l'esprit d'oraison.
Commcnccmenî du cardme 4049 (vers le 18 février J.
.Masd'ur, C(.' (|ue Dieu vous a inspiré de lui offrir ce carême est le meilleur (le loiitc<M|ue vous pou\ez faire. 11 faut demander a Dieu la grâce de l'accomplir, laquelle vous obtiendrez d'autant plus facilement (pie votre intenliou e^t pure en le désirant. Vos foiblcssesne vieuueiil (juede la, appréhendant le jeûne de l'esprit, et ne croyant pouvoir subsister sans(|uelque satisfaction des sens. Le Fils de Dieu dans le désert étoil en la coiiipaguie des bétes. Si l'Kvangile n'eût dit cela, ou eiU cru qu'il conversoil avec les anges, ce (|ui ne bit (juà la lin de sa pénitence. U'iand on l'ait les choses avec bonne volonté, (juoi-