‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. FaugèreChapitre 154 sur 247 · CXXVIII.- A Mademoiselle Pascal · texte numérisé non relu

CXXVIII.- A Mademoiselle Pascal

C'est un avanl^ige d'être éprouvé.

1*^ avril 1651.

Je ne suis pas fâchée (|ue le monde tente cette personne; il fait ce (|ue la maison ou elle désire entrer seroit obligée de faire ; car la règle leur ordonne d'éprouver beaucoiq) ceux (jui se présentent, et de le faire par des rebuts et des injures; au lieu

' Celle fêle élaii alois le 21 mars.

' La mère Anj;éli(|ne.

* Madame le Maître.

que le inonde tente par des attraits et des douceurs, parce que n'ayant rien de solide il ne peut agir dans l'àme mais dans les sens; au lieu que la grâce a le pouvoir de s'insinuer dans le fond du cœur, et elle y établit son règne avec une si forte suavité qu'elle surmonte les peines du dehors, et n'est point ébranlée par les contradictions qu'on lui fait.

GXXIX.— A Mademoiselle Pascal.

Persévérer dans le bien qu'on a entrepris.

29 avril 1651.

Vous avez de l'engagement vers cette personne, puisque vous avez commencé de la servir; c'est pourquoi vous devez vous mettre en peine de chercher une commodité pour faire ce qu'elle désire. Pensez-y, je vous en supplie, afin qu'on puisse la soulager si elle en a besoin. Ménagez cela comme vous pourrez. L'Ecriture dit que le juste vit de ses inventions. 11 n'y a personne qui n'en ait pour les choses qu'elle affectionne; mais celles qui regardent le bien réussissent plus difficilement, parce que Dieu veut qu'on exerce la patience.

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