LETTRES DE LA MEUE AGNÈS
el demie que l'on n'avoit délibéré. Il ne nous reste que la crainte du mal de gorge de notre mère S et de votre rhume que la saison favorise extrêmement. Je vous recommande et vous supplie de vous chauffer d'importance. Vous êtes en lieu où le bois ne manque pa;., et où les cheminées ne fument point. Le froid fait un grand progrès, ce qui m'a fait établir auprès de notre feu, où je fais toutes mes affaires de parler et décrire. Pour ma médecine, elle est transférée à l'autre semaine, au cas iju'il fasse un temps |)lus bénin. J'appréhende votre voyage de Gif, car il me semble (|ue les chemins sont fâcheux, et il y aura bien des neiges; mais il se fait pour une si bonne fin, que Dieu en sera le protecteur s'il lui plaît, et vous ramènera cum paie, salute et yandio ad propria. Celles que vous avez laissées affligées^ ont offert leur sacrifice à Dieu avec plénitude de cœur, et n'en ont point fait plus mauvaise mine; au contraire la petite en est plus sage, je dis ma sœur Marie Angélique de Sainte-Anne, la charité du prochain s'étant répandue dans nos cœurs, pour prendre part à la joie des cinquante-quatre personnes qui revoyoient leur étoile qui les doit conduire à Jésus-Christ.
La mère Marie des Anges* et les sœurs que vous honorez de votre souvenir, sont vos très-humbles servantes. Elles vous rendent mille grâces de votre bonté pour elles, dont vous leur rendez des témoignages continuels. Elles prennent part comme moi à la joie que vous avez eue d'embrasser ma sœur xMarie-Dorothée % et nous désirons présentement qu'elle tienne la place de toutes celles qui vous aiment et vous honorent ici, afin qu'aux champs et à la ville vous ayez quelqu'un qui vous soit entièrement acquis. La petite se porte bien. Dieu merci. Je la trouvai hier étudiant avec lapplaudissement de ma sœur Hélène, qui s'en louoit fort, et de ce qu'elle avoit appris trois articles de son catéchisme; elle me fit ca-
* La mère Angélique.
- Madame d'Aumont avait, à Gif, une sœur appelée la mère de Sainl- Maur de Chiverny. V. p. 138.
* Les religieuses de Forl-Kojal de Paris.
* La nièie Marie des Anges Suireau.
» Sœur Marie-Dorolhée de l'Incarnation le Coule.