CLXXI. — A Mademoiselle Perdreau
Au sujet d'un accident qui lui était arrivé, et qui allait peut-être la retarder de venir à Port-Royal.
3 janvier 1 653.
Ma très-chère sœur , Nous n'avons reçu qu'aujourd'hui 3 janvier, celle que vous avez pris la peine de nous écrire du jour de saint Etienne. Nous avons été fort touchées de votre accident, et ensuite fort en peine de votre voyage, craignant qu'il ne vous fasse tort; c'est j)Ourquoi notre mère prie M. Collait, premier chirurgien de monseigneur d'Orléans, qui vous rendra ce billet, déjuger par le rapport que vous lui ferez de votre mal, si vous devez vous mettre en chemin, aûn de ne rien faire que par l'ordre de Dieu, qui veut qu'on prenne conseil en toutes choses de ceux qui doivent être juges des choses. Il est vrai que vous êtes bien traversée dans votre dessein, mais il faut tout recevoir de la main de Dieu comme Job, qui dit que Dieu lui avoit ôté ses biens, encore que c'eût été le démon. Pour moi, je présuppose que nous n'aurons point besoin de vous éprouver, parce que vous l'aurez été auparavant. Je vous supphe de ne vous point fâcher si M. Collart vous conseille de retarder. Il faut aimer les temps tiue Dieu a marqués pour toutes choses, et ne les vouloir pas avancer d'un moment. Je suis toute à vous, ma très-chère sœur, et votre très-humble servante ,
Sœur Agnès, R. ind.
Je recommande à vos prières deux de nos sœurs (}ui moururent le premier jour de l'an, dont l'une étoit ma propre sœur '.
' La sœur Anne-Eugénie de rincarnation .4rnanld. L'autre- religieuse, qui mourut ce même jour, éiait une converge nommée sœur Françoise de Sainte-Catherine Fatière.
r.LXXII. — A MADAME L AltlJEsSE DE Ji)l AUHK.