‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. FaugèreChapitre 205 sur 247 · CLXXIX. — A LA SŒLR MARIE-DOROTHÉE DE L'INCARNATION · texte numérisé non relu

CLXXIX. — A LA SŒLR MARIE-DOROTHÉE DE L'INCARNATION

nioinilre de la maison, si elle étoit la moins vertueu?e, c'est la meilleure marque qu'il puisse donner que son cœur est droit au regard de ses affections.

Vous avez eu raison, ma chère sœur, de défendre la personne, car il est certain que le fond en est très-bon. Cela lui faisoit grand bien daller à confesse à M. Singlin ; depuis un an qu'elle n'y va |)lus, elle en a eu du découra^rement; j'espère (ju'elle le verra plus à Port-Hoyal qu'elle ne fait ici.

Pour retourner à frère Antoine, vous le pourrez assurer, si l'occasion s'en présente, que je suis jdus édifiée de lui depuis sa faute prétendue que je nétois auparavant. Car c'est i»lus d'être humble et docile comme il est, que de ne point faire de fautes. Admire/., nia chère sœur, le ])eu de façon qu'il y a avec ces personnes, à qui l'on peut dire tout ce qu'on veut, et qui le reçoivent avec une simplicité d'enfant. Et à nous autres il faut plus de précautions et d'adoucissemens que si l'on parloit a des reines. 11 faut tâcher de devenir comme eux, puisque cela vaut mieux (|ue tous les avantages (|ue nous avons dans noire condition par-dessus la leiu'. Je vous dirai, alin que vous ne me croyez pas trop critique, (jue je n'avois trouvé à redire au billet de frère Antoine que parce tpi'il etoit de lui, je veux dire (jue c'éloit un préjugé de ce qu'il seroit capable de faire envers N. ; et il est bon d'aller au-devant de ces choses-là qui <|ui ne font bien à personne, et (jui ont autrefois fait tort à celle-ci.

Je ne sais si vous avez une Semaine de la Passion que j'ai trouvée dans les papiers de ma suiu' Anm; je vous l'envoie |tendant (|ue M. de Sacy est en train de nous faire du bien. Je suis toute à vous, ma très-chère sœur.

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