LETTRES DE LA 31ÈRE AGNÈS
été une conduite de grâce et d'amour sur cette ànie élevée de Dieu. Aussi regardons-nous sa demeure en la terre plus à l'avantage de la gloire de Jésus-Christ qu'à la sienne (jui la suivra partout. Et c'est pour cela que toutes sortes de personnes l'ont demandée à Dieu avec une affection non pareille, ne pouvant consentir que le monde fût privé d'un exemple de piété si rare et si admirable en ce siècle. Que si Dieu récompense l'amour et la fidélité qu'on lui rend dans les souffrances, par un accroissement de ses dons, je considère notre bonne princesse dans une grâce plus sainte que celle qu'elle a eue •jusqu'à présent; et ensuite je ne puis désirer que ce mal ne soit point arrivé, puisque Jésus-Christ l'a voulu, et qu'il sera cause que sa divine majesté sera davantage glorifiée en elle et en plusieurs autres qui lui rendront une infinité de grâces de l'avoir sauvée, et changé les pensées des hommes qui pensoient peut-être que les pauvres filles du Saint-Sacrement alloient être abandonnées; mais il y a bien paru qu'elles ont un Père au ciel qui a pris un soin si particulier de leur conserver la protection qu'il leur a donnée en la terre, et qui veut donner à notre princesse, avant que de la tirer à lui, la gloire d'avoir offert à Jésus-Christ quantité dames pour environner ses autels et rendre sa louange perpétuelle dans l'Église, 11 nous reste un extrême désir d'apprendre des nouvelles de ce pauvre petit prince qui sera un sujet de miracle s'il est demeuré comme les trois enfans au milieu de la fournaise de cette étrange fièvre sans consumer. Nous demandons sa vie à Dieu sans condition, car, puisqu'il a reçu celle de la nature, il faut qu'il participe à celle de Jésus-Christ, et qu'en le voyant vivre on se souvienne que sa vie n'est pas dans l'ordre commun, mais dans une préservation tout extraordinaire, qui fasse dire de lui comme de saint Jean-Baplisle : Que sera-ce de cet enfant, car la main de Dieu est avec lui? Nous serons encore cinq mois dans cette attente, qui ne sera pas trop longue pour obtenir un si grand bien. Vous gagnerez les œuvres de miséricorde de nous donner tous les samedis des nouvelles de Madame, c'est le moyen de vous obtenir beaucou{t de bénédictions de toutes nos sœurs qui vous aiment déjà comme vous savez, je dis les sœurs spirituelles, car de parler des autres, ce seroit dire qu'il fait jour