XII.— A Madame le Maitre
Sur la maladie «le madame la duchesse de I.nnjiueville, Louise de Bourbon- Soissons, fondatrice de ^ln^lilul du Sainl-Sacrement.
Ce \ 8 janvier 1634.
Ma très-chère sœur. Il ne me fut pas possible de vous écrire par le dernier ordinaire, tant j'étois en grande appréhension de la maladie de Madame. Je voulois m'imaginer (ju'il n'y avoit que Dieu et moi au monde, afin de n'être pas divertie un seul moment de lui demander sa santé qui nous est si précieuse. Maintenant que sa divine bonté a eu pitié de nous, nous rendant notre chère princesse, je ne saurois parler d'autre chose (jue de la joie que j'en ressens, et des désirs (jue j'ai d'être reconnoissaute envers le Fils de Dieu d'une si particulière miséricorde. Je me console à repasser fiar mon esprit le grand nond)re de personnes (jui sont ravies de joie de cette guérison, et après avoir honoré les Principautés et les Puissances, je descends aux anges du dernier ordre où je vous trouve (car ils sont esprits administrateurs comme vous avez eu l'honneur d'être) dans un ravissement j)articulier, (|ui correspond aux agonies (pie vous avez [lortécs piMidant l'evlrémilt' de la maladie, ou je m'assure (jue vous avez t(»ujoiirs été dans le désespoir, car c'est votre coutume de vous luomettrc toujours plutôt du mal «|in; du bien; et c'est de (pioi je vous veux faire des reproches de la part di; Jésus-Christ, comme s'il pouvoit oublier les âmes <|ui sont si particulièrement appartenantes à sa nmje«té diviiif. Il e>t vr.ii que.ipioi (|u'il fût arrivé, c'eût toujours
i\f SainlCyran au tome 2 de ses L'Un-s, Icllrc I ii, et y élahlit la vraie idée de l'oraisMjn. Olle observalion regarde encore la lettre XVI ci-après, du 48 mars 4634.