‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. FaugèreChapitre 213 sur 247 · CXC. — A MADAME DALMOM. 2/o · texte numérisé non relu

CXC. — A MADAME DALMOM. 2/o

ce catèine a ce qu'elle dil, quand elle aura mis ordre à des aiïaires nécessaires qu'elle a à son pays; je crois que la plus iuiportante c'est de compter si elle a assez d'argent pour bâtir la tour de rÉvangile.

Notre mère» vous salue très-humblement, elle se porte bien, Dieu merci. Tous les trois états de votre chandire vous saluent tres-rcspeclueuscment. La petite* qui représente la vie des justes qui ne pèchent point; la vie contemplative si^inifiéc par ma sœur Hélène' ; et h vie active dont ma sœur Eulalie * s'acquitte fort di{j:neuienl. Tout se porte bien. J'ai peur (pie cette i)luie ail réveillé votre tluxion; je voudrois bien (|ue ce ne fût ni les dents, ni le dos, car ce sont des maux presque insupjjortables.

Il me resleroit à vous dire (jue je suis toute à vous, ma trèschère sœur, mais seroit-il possible (jiie vous en doutassiez? J'espère que vous ne le ferez jamais, et (ju'il sera toujours vrai de plus en plus,

CXC— A Madame d'Aumont (à Port-Royal-des-Champs). Au sujet de i'appréliension où l'on éluil de la pelile-vérole. Mardi, Sainte-Claire (12 août 16-i3).

Ma très-chère sœur, M. Singlin mande à notre mère'' (pie vous êtes assurée dans l'appréhension où l'on est de la petite-vérole. Je vous assure (jue j'en suis biun en i)eine, et (pie je n'auiai guère de lepos jusqu'à ce (|ue nous ayons des nouvelles. Je crains plus à cause que c'est la petite Guillard*,

* La mère Angélique.

« M"» de Monglal.

* Siiur Hélène de Sainte-Agnès de Savenières, associée b Port-Hoyal; elle signa le Furniulaire. el lut renvoyée, après sa signainre, dans sa maison, l'alihave de l'Kau, oii elle ni<itiinl le 27 déeenibre l(»8l.

* A|)pareninienl la sirur .Madeleine de Sainle-Kulalie. de Limoges, converse, qu'on trouve nommée parmi les sn-urs de l'orl-U<iyal-des-(lhamps, à l'époipie de la persécution, en KifU. KJIe prit l'Iialiit It,' .\0 mai ^b',\\, el (il profession le 21 mars Ki.'i^J. LUe est morte le 22 mars IG'.tO. igéedcOfi ans el demi.

* La niere Aiigéli(iue, qui était alors à Porl-Uoyal de Paris.

* M"i» .Marie (Juillard; elle mourut à Porl-lloy:!! de>-( .li:iinps le 28 aortl 4653, à l'ùge de tiouze ans. (Voyez Srcrotoijc de l'ort-Uoyal, page 3oO.)

qui est jolie; car cette malicieuse maladie s'attaque plutôt à celles-là pour leur imprimer sa défiguration.

Pour ce qui est de mademoiselle de Bonœil, vous savez pourquoi on ne l'aime pas ici ; néanmoins notre mère remet tout à M. Singlin. Il n'y auroit point de cellule à lui donner, sinon que la mère Françoise part demain. La cellule qu'elle quitte est en haut, et par conséquent fort basse; c'est tout ce que nous avons.

Je voudrois bien qu'il vînt quelqu'un aujourd'hui pour nous ôter de peine. Je pense et repense où l'on a pu mettre celte petite et je ne trouve rien qui soit fort éloigné. J'ai eu autrefois ce mal à la cellule de Sainte-Thérèse, au-dessus de Saint-Bernard, et notre mère, qui ne l'avoit point encore eu et qui le craignoit extrêmement, me veuoit voir parla fenêtre du grenier; c'étoit justement au commencement de ce mois en 161i.

Dieu vous ramène en santé, ma très-chère sœur, et nous fasse la grâce de vous recevoir comme il le veut, avec un cœur pur et une bonne conscience.

La mère ne songeoit pas au petit Palu.

Je suis toute à vous, ma très-chère sœur.

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