CXCII. — A LA SfElR MARIE-DOROTHÉE DE L'iSCARNATION
Nous vous envoyons du secours, savoir : ma sœur Marie- Geneviève (|ue vous connoissez, et une postulante ' que vous ne connoissez point. Elle a élé proposée au chapitre pour lui donner lliabit avec ma sœur Philberte le jour de saint Au^'^ustin; mais votre besoin a fait chanjicr d'avis, et la réflexion que nous avons faite sur l'étonnement de ma sœur Elisabeth de Sainle-xVnne ; ce qui a fait résoudre d'envoyer toutes les postulantes à Port-Royal comme à une épreuve nécessaire. Celle-ci n'est pas de belle apparence, mais elle est bonne tille. Elle a achevé aujourd'hui un renouvellement à M. Singlin, par un bon mouvement qu'elle en a eu, n'étant point nécessaire qu'elle eu fit, parce (|ii'elle sortoit des mains de M. Kuélis. Elle est un peu scrupuleuse, au moins elle a quebjuefois des pointillés dans l'esprit qui lui font de la peine. Je lui ai dit de vous être fort sincère. Ne lui pardonnez rien, car elle le désire ; elle en a besoin, étant d'un naturel orj,^ueilleux. Elle ne sait point qu'on lui vouloit donner l'habit. Je ne suis pas marrie que ma sœur Philberte soi! seule, parce qu'on ne s'avisera peut-être pas de dire qu'elle est belle, et celle-ci lui eût dorme lustre. Elles seront bien ensemble votre fille et elle. Celle-ci s'acquitte fort bien des obéissances où ou la mel. Ma sœur Gerlrude la eue (|ui s'en contentoil fort.
Ma sœur Charlotte m'a écrit une lettre qui ne me plaît point trop ; elle jtaroît l'esprit embarrassé, et je crains (|u'elle n'aime pas tant sa cellule (ju'il seroit a désirer. Je vous supplie de nous mander un mot de ce (|ue vous pensez d'elle avant (jiie je lui fasse réponse.
Je suis toute à vous, ma chère sœur. Je dis le même à ma sœur .\n^'éli(|ue'. Je salue ma S(pur Marie-Charlotte avec votre ftermission.