‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. FaugèreChapitre 216 sur 247 · CXCII.— A la sœur Marie-Dorothée de l'Incarnation Le Conte · texte numérisé non relu

CXCII.— A la sœur Marie-Dorothée de l'Incarnation Le Conte

Sur divers sujets.

22 août 1653.

Ma très-chère sœur, En vous envoyant la suite de saint

' La sœur Marie de .Sainle-Luce.

' Angélique de .Saiiil-Jcaii Ariiauld d'Amlilly.

Bernard ie vous dirai que ma sœur Marie Thérèse* est reçue. Notre mère avoil proposé ma sœur Antoinette Valère avec les deux autres ; mais dans l'entre-temps plusieurs sœurs lui ont parlé en se plaignant de sa hardiesse et autres façons de faire, de sorte que notre mère a dit qu'on ne tireroit pas les voix pour elle ; et sa pensée est de l'exclure tout à fait, et de l'envoyer à Poitiers en lui procurant une dot. C'est un sujet pour n'avoir pas pitié d'elle, puisqu'elle sera là plus sortablement. Je vous supplie de dire cela à M. de La Place '^ quand vous le verrez, afin qu'il ne soit pas surpris d'apprendre un effet tout différent de ce qu'on espéroit quand il partit. Je vous assure qu'il fait bon entendre tout le monde, et que les sœurs qui savent quelque chose des filles ont grand tort de ne le pas dire, parce qu'on s'arrête à leurs dispositions intérieures, qui sont pour l'ordinaire assez bonnes, et nous sommes celles qui voient le moins leurs actions. Prenez bien garde, s'il vous plaît, à ma sœur Marie-Luce, car il n'y a point de temps à perdre.

Je suis toute à vous, ma très-chère.

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