‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. FaugèreChapitre 247 sur 247 · CCXLI.— A la mère Marie-Angélique Arnauld · texte numérisé non relu

CCXLI.— A la mère Marie-Angélique Arnauld

l'our le coimiiLMict'iaL'iil 'Je raiincc.

(iloire a Jésus au Tres-Saint-Sacrement !

I if janvier <6.t..i.

Ma très-chère mère, Mon c<eur vous dit tout ce (jui se doit

' l.a inc;re An((éliquu élail a l'orl-Uoyai-(Jt;s Cli:im|is «Ji-piiis If lî* Ji'rembie Ki'il. Klli- vml a l'an-. Ict. priiiiiers juur» de lévrier, el reluuriia à l'orl-Uo\al-«Jt's-Cliaiinis le l'J féMier Ki.i.'j.

;i>2 LETTRES DE LA MÈRE Ar.NÈS.

au comnioncement de celle année dans laquelle je désire d'être à vous d'une meilleure manière que je n'ai été jusques à présent, où mon amour-propre gâte tout ce que je dois être, et à Dieu et aux créatures. Je vois clairement que la règle de l'un est celle de l'autre. Encore qu'on veuille faire croire qu'on aune amitié bien parfaite, cela ne peut être qu'autant qu'on aime Dieu. C'est pourquoi je ne crois pas aimer personne autant que je dois, et je m'accuse aulant d'ingratitude envers les créatures que j'en ai envers Dieu. Tant y a, ma trèschère mère, que je vous dois aimer préférablement à toute autre, pour des sujets que Dieu approuve, et je le supplie de m'en faire la grâce, et que ce soit en l'aimant véritablement et sincèrement. Le prédicateur nous dit hier une parole de l'Écriture qui est belle: Le Seigneur circoncira voire cœur afin que vous l'aimiez : c'est ce qu'il faut que je fasse afin d'aimer ce que je dois aimer. Je pensois, ma chère mt e, ne vous dire que six paroles ; il auroit mieux valu qu'elles eussent été meilleures.

Madame de Raffetot étoit hier céans avec notre fille qu'elle nous vouloit rendre, mais je lui ai dit qu'il n'étoit pas encore temps. Elle vous va voir demain dans le dessein de vous la laisser si elle le peut obtenir, parce que la fille veut être religieuse ici et non ailleurs. M. Singlin n'est pas d'avis qu'on la reprenne, au moins si tôt. Nous lui donnerons ma sœur Gabrielle-Jusline, pourvu qu'elle vienne dans trois semaines, c'est assez tôt. Madame Olier ' ne s'en va qu'en février.

Réponse de la mère Angélique, écrite a la seconde colonne de la lettre précédenle :

« Je reçois de tout mon cœur, ma chère mère, tout ce que le vôtre trop bon pour moi me dit, et lui olîre le mien tout entier. Priez Dieu, ma chère mère, qu'il le purifie. »

1 Madame Olier, mère de la sœur Suzanne de Sainle -Julienne Olier, novice le l^r avril 1655.

^^G b£CT. FLùU 1964

Page 1