XVIII.— A Madame le Maitre
Elle l'exlioile à envisager ses peiues comme des effels <le l'jiiioui de Dieu
pour elle.
Ce 19 mars, jour de Saint-Joscph{\()3i).
Ma très-chère sœur, Je vous supplie très-hunihlemcnt de ne vous pas imaLriner que uous nous lassions do vos plaintes, fuiisqu'au contraire j'aurois peine que vous ne vous plaignissiez pas, parce que je crois que cela vous soulaye , et puis il faut être ce que l'on est, et exposer librement son état à Dieu et aux créatures selon (ju'on le porte. Il est vrai, ma chère sceur, que je vous souhaiterois dans la disposition de pouvoir soudrir s.ms être applicjuée a votre sou ITrance, et ce stroit une manière d'endurer extrêmement i>uru et semhlahle à celle t}ue le Fils de Dieu a eue en sa |)assion , e« laquelle il soulfroil comme n'apercevant pas ses peines, selon qu'il est dit cju'ilétoit connue un homme qui n'entend rien et qui n'a point de réplique en la bouche : (|ue s'il sest pl.iint à son l*ere sur la croix, ça été lorsqu'il ne vouloit point de secours, elant prêt de rendre son esprit et le remettre entre les mains de son Père. Et je crois, ma Sd'ur, (jue cela peut être dans les âmes en suite de la résignation parfaite (lu'elles ont au regard de leurs travaux, (jui fait qu'elles s'y soumettent comme à Dieu, le voyant plus en eux que les travaux mêmes par lesquels Dieu établit son règne en elles, et pensant être assujetties a sa rigueur et ne porter que sa justice, elles se trouvent remplies de grâces et de miséricordes, possédant tout jtarce (ju'elles ont renoncé à tout et se sont rendues aux jtri valions, (jue Dieu convertit eu jouissances.
Il me semble, ma scrur, (jue vous ne devez point croire (jue ce soit pour vos pêches (pie Dieu vous met où vous êtes; il vaut mieux que vous le preniez par esprit d'amour (|U(î de itéiiitence, et je crois que c'est pour vous rendre send)lable a Jésus- Christ dans ses délaissemens, et par cette conformité vous |>ardonner vos fautes et les elTacer |»lus parlaitemeut (|ue par lu peine même. Klevcz donc, s'il vous plaît, votre esprit dans ce dessein de Dieu. plul(')t (|ue de demeurer abattue de la vue de vos péchés. Soutirez connue si vous étiez juste, aimant