‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. FaugèreChapitre 33 sur 247 · XIX. — A MO.NSIHI H AU.NAIIM d'aMHIIV. '.U · texte numérisé non relu

XIX. — A MO.NSIHI H AU.NAIIM d'aMHIIV. '.U

chis le mot au has.ud dcUi vainc filoirc qui me poursuit d'èlre sœur d'un excellent poète. Pour vous qui êtes fondé sur la pierre, ces applaudissemens vous seront un surcroît d'humilité, puisqu'il est nécessaire (jue celte œuvre pour ètie bonne soit de Dieu et non de vous, de sorte que son prix est votre perte, mais une perte heureuse oii la gloire de Jésus-Christ est votre ^^ain.

Au reste, mon très-cher frère, (juand sera-ce que nous apprendrons un peu plus particulièrement de vos nouvelles? Je n'en sais point de meilleur moyen que de nous envoyer notre abbé' qui nous promet tous les ans un voyage (ju'il n'accomplit point. Je pense que tout le courage et la générosité rejioseut dans le cœur des fdlcs qui se laissent mener eu des terres nouvelles sans regretter leur jtays et leurs connaissances, tandisque ceux qui devroient aller prêcher la foi aux Indes, consultent des années pour (|uitter Paris. Je désire cette visite, mais j'en veux bien aussi être i)rivée si Dieu me la refuse; je suis contente des choses selon (pie je me trouve; je .sy/ /s abonder, je sais aussi souffrir la disellc. Ces paroles ne m'appartiennent pas, mais l'usage m'en est permis; et pourquoi n'imiterai-je jias saint F*aul, puisqu'il nous est commandé d'être parfaits comme notre Père céleste? Je désire encore la communication de ce bon frère pour vous faire savoir que la Bourgogne m'a été favorable pour mettre mon esprit en liberté, n'ayant plus rien a [lerdre ni à gagner, mon retour ou ma demeure m'étant une même cliose, et par conséquent toutes les autres rencontres (|ui me |iourront arri\er. Je vous dis de mes nouvelles sans y penser, eu désirant d'appiendre des vôtres, (jue Je veux deviner en attendant, el me persuader qu'elles sont très-bonnes, sachant que vous êlesilu nombre de ceux a qui toutes choses tournent a bien par la \erlu de l'amour de Dieu qui rend utile aux élus tout ce qui leur arrive de bien et de mal. Nous avons im |)etit catalogue de votre famille où je compte ciru] tillrs et tiois garçons; je counnence |iai' les lilNs parce (jue vous y avez coimnencé cl que le nonibre excède,

' Henri Arnauld, alors abbé de Sainl-Nioolasd'Aiig('r>, «-l dcixiis évô«|ii<' de ceUe ville.

32 LETTUtS DE LA MEllE AGNES.

encore que les fils doivent avoir le droit d'aînesse, et qu'ils sont maintenant, comme je crois, de grands personnages. Je les présente souvent à Notre-Seigneur pour en faire des sujets de sa miséricorde et de dignes enfans d'un si bon père. Je vous demande permission de leur ramenlevoir qu'ils ont des tantes à Dijon qui les aiment très-chèrement, ne pouvant manquer à ce devoir sans m'éloigner de l'obligation que j'ai d'être, Mon très-cber frère.

Votre bonne sœur.

Sœur Agnès de Saint-Pail. I. R. B.

Obligez-moi, s'il vous plaît, de présenter mes très-humbles recommandations à madame de la Boderie, et d'assurer ma très-chère sœur de mon très-humble service.

Page 1