XXIV.— A Monsieur Âmauld d'Andilly
Elle lui parle des lenlalions et des imperfedions qui sont en nous. Ce qu'il faut faire dans l'oraison.
De Xotre-Dume de Tard, ce S juillet 4634, Mon très-cher frère. Je reçois avec un grand étonnement, et (oui ensemble avec beaucoup de joie, les témoignaires (ju'ii vous plaît me donner de votre confiance, qui n)'étonne parce que je ne le mérite pas, mais qui me réjouit comme un présent que Jésus-Christ me fait et que je ne dois pas refuser, venant d'une si bonne main.
Vous dites, mon très-cher frère, que les grâces de Dieu ne sont pas imparfaites; et vous le faites voir en vous-même, qui vous ac(|uiltez si parfait(>m('nt bien de l'inslinct cjue Jésus- Christ vous a donni; île nous découvrir votre cœur, qu'on ne sauroit désirer une plus grande sincérité que la vôtre et un meilleur discernement de l'état de votre âme, dont vous connoissez les bons et les mauvais mouvemens; encore i|ue vous y voyez plus de mal (jue de bien, au lieu que j'y trouve plus de bien que de mal, le mal n'étant pas vôtre, puiscjuc vous désirez tant de vous en délivnr, ({ue je crains «pie vous ne le v/»uliez (jue trop, et (pi'il n'y ait en vous un zèle pareil à celui de saint Paul (jui ne vouloit point avoir de tentations, jus(ju'à ce que le Fils de Dieu lui eût répondu (jue sa grâce lui dcvoit suffire, sans qu'il lût besoin de faire cesser la tentation. El nous ne devons pas attendre [tlus de privilège, mais nous rendre comme ce grand saint a l'ordre de Dieu (pii veut établir sa vertu en nous par nos infirmités, (jui nous peuvent être ime source de vie, comme elles nous sont ime source de mort, la grâce nous étant donnée pour convertir le mal en bien, tirant de nos misères W sujet de notre patience. Kt je vous confesse, mon cher frère, que j'aspire a une sorte de perfection qui compatit avec toutes sortes de misères, m'élanl avis (fuil iinporte peu (jue le mal soit eu nous, puisipie sou remède y est aussi, la grâce étant plus puissante que le |>écln', tt la loi de l'esprit de vie (|ui est en Jésus-Christ que la loi de morl, qui tâche de nous rendre captifs du péché, connue l'aulicMlé-