I.— A Monsieifr Féron, bachelier en théologie
Siw rinslUul du Saint-Sacrement, donl il s'était chargé de poursuivre ■ l'ajtproWatioii à Konie ^.
Ce il décembre 4626.
Vive Jésus el sa sainte Mère.
Monsieur, La nouvelle qualilé que vous prenez me met dans «n si firand respect, (pie je ne sais quel honneur vous faire; car si U) plus grand roi de la terre n etoit que la jument de Dieu*, c'est une dij^nité excellente que d'être latiuais de Jésus-Christ e\ être envoyé de lui, comme lui-même étoit envoyé de son Père, afin (ju'ainsi (ju'il vivoit par son Père, vous viviez par lui et soyez employé pour le l'aire vivre dune vie pai faite dans nos cœurs. J'eusse été bien ai^e cju'il eiit plu à Notre-Srigneur de me donner (juelque pensée pour vous dire; mais je suis une terre stérile de hKjuclle il ne sort rien (|ue des chardons. Jamais je n'eus moins de ])ensées du Saint-Sacrement que d€|)uis «jue je me suis donnée à sa vénération. Je reji:arde ce mystère comme une chose à laquelle je dois mon être par
' Fépui ou !.(• IV'ioii (Si qualiKc docleur de Sorbonne et ;irclii(liacie de r.harlrcs ilan.s les Mminires pour servir à l'histoire de l'orl-lUnnil et à la vie de In n. .»/. Awifliiiiic /IniduM. L'i redit, Mii, l. 1, p. 221 et :i30,
' Voyez, sur réUililissriMdit dr l'Ordre du Saiul-Sacreiuenl, Mèvi. d'I'tr, II. \>'.M'.t. 42( et 'iOT
' l's. I.XXII. V. ii.
2 LETTRKS ni: LA MKRE AGM-:?.
anianlisscinent, ut non par application. Il nie semble que je suis un petit grain de froment qui pourrit maintenant en terre (car mon cœur me délaisse de plus en plus), pour être fait épi et puis farine, et enfin hot^lie (bien qu;; très-indigne) du Saint- Sacrement. Il me vient en l'esprit que l'Ordre est déjà commencé depuis que le dessein éternel de Dieu a été connu et reçu en la terre, mais tju'il faut qu'il soit dilaté et que vous en soyez la trom[)elte, et, comme un autre saint Jean, le précurseur de cette nouvelle ai)parition de Jésus-Christ en la terre. Vous l'imitez bien, mon Père, de refuser toutes sortes de qualités pour prendre celle de lacjuaisdu Saint-Sacrement, comme il fil celle de voix. Je sup[>lie le Verbe éternel que sa voix di; vertu et de magnificence soit en vos paroles pour nous obtenir le bon mot de confirmalion, et en voire cœur pour vous faire •Mra de plus en plus à lui, auquel je suis et en sa sainte Mère, Monsieur, Votre très-humble et très-obligée servante.
Sœur Catherine-Agkès, R^^ indigne.
II. — Au Pape, l'our supplier Sa Sainteté d'approuver l'Instiiut du Saint-Sacrement.
(16-26 oiH 627.)
Vive Jésus et sa sainte 3Ière.
Sa Sainteté est très-humblement suppliée d'octroyer miséricordieusement à quelques âmes touchées d'un mouvement particulier d'honorer le Très-Saint-Sacrement, de s'établir dans un Ordre oi^i elles se puissent dédier entièrement à cette vénération sous l'une des règles anciennes approuvées de l'Église, et avec les constitutions qui seront dressées pour cet effet, et mises à ses pieds sacrés pour être examinées. Le motif de ce dessein étant : pour réparer en quelque manièie les otitrages que Notre-Seigneur Jésus-Christ a reçus en ce divin Sacrement en ce royaume par les insolences des hérétiques calvinistes, et étouffer les restes de celte malheureuse impiété qui a fait glisser dans l'espiit des catholiques mômes un si grand refroidissement de dévotion et de respect, qu'ils semblent