XXXIX. ~-A Monsieur Arnauld d'Andilly
Kllc lui dit la cfiiisoiitidii (iiiCllo ciiniuve de voir s:i liiiélilc à se soumettre à Dieu. — lîllc lui itîtrie de luadame de Sainl-Ange.
Cf2\ juin i63o.
Vous ne savez peut-être pas en (|uel ennui nous étions de ne point savoir de vos nouvelles depuis un mois que l'on nous avoit mandé de Vnvis (|ue vous deviez aller à F.anfires. Je vous y écrivis la veille de la iN'utecôle ' ; je crois (juc la lettre a été |ierdue qui n'étoit d aucune ccjnsérjuencc. Je ne savois où vous prendre, ayant su (jik vous n'étiez point là où Monseifineurde Lanj^rcs av(»il ordouné ((non vous reçût coinnu luimême; et .M. de Chavigny, un de nos bons amis, vous vouloit loger chez lui si votre déparlement n'eût été à l'évêché.
Je ne ()uis vous dire, mon bon frère, la consolalion (|ue vous me donnez de la fidélité (jue vous rendez à Dieu de soumettre si absolument vos intérêts et votre fortune à la règle de ses divins conseils, ne voulant rien que ce qu'il veut pour
' ÎG mai.
VOUS, qui sera toujours ce qui sera pour la sanctiflcation de votre âme qui gagnera pour l'éternité tout ce qu'elle aura perdu des avantages de la terre. Nous vous entretiendrons sur vos saintes pensées quand nous en aurons plus de loisir. Cependant je prends toute la part qu'il m'est possible au bon accueil qui vous a été fait par M"'^ d'Andelot et monsieur son fils, bien que ce soient des personnes que j'honorois déjcà si fort que je ne puis presque y rien ajouter. Je n'écris qu'a Madame, réservant pour une autre fois de le faire à M. d'xVndelot. Votre messager n'étant arrivé qu'à six heures du soir, qui vouloit ses réponses une heure après, mais il m'en faudra quatre pour le peu que j'écris étant assez mal habile. Je ne sais si j'ai rencontré dans la lettre de M"ie de Saint-Ange. Je n'ai osé la laisser ouverte, craignant qu'on ne vous trouve plus. Si vous la recevez, vous n'aurez qu'à rompre le paquet, à y remettre celui que je vous envoie. Je vous dirai qu'il y a environ six mois que j'entendis parler de cette dame au provincial du tiers-ordre de Saint François, excellent prédicateur, qui lui donnoit de merveilleuses louanges, et me tenoit en admiration de la dépeindre si fort à Dieu dans la cour, où il me disoit, ce me semble, quelle a été quelques années. Je ne me mis pas autrement ce qu'il m'en disoit dans mon esprit, ne croyant pas avoir jamais l'honneur de sa connoissance; le nom seulement me demeura fort imprimé, qui m'a donné dans le cœur en lisant votre lettre. 11 m'est avis qu'il me dit qu'elle avoit un fils fort jeune qui étoit un prodige de nature et de grâce. Je trouve votre bonheur incomparable de posséder des cœurs en qui le cœur de Dieu prend sa complaisance; mais je me plains, mon cher frère, que vous me fassiez passer pour une personne digne de votre confiance, qui n'est pas peu dire à des personnes qui vous connoissent pour n'être pas une âme comniune; et cependant votre bonté vous rend capable de vous contenter de ce qui ne suffiroit pas à de beaucoup moindres que vous; et la confusion sera sur moi en qui Ion ne trouvera pas ce que l'on pense, si ce n'est que vous ayez communiqué votre aveuglement à celle avec qui vous ne voulez être qu'une même chose, ou que vous ayez tant de pouvoir que de rendre vos paroles véritables. Quoi qu'il en