XLVIII. — A LA SŒUR CATHERINTE DE SAINTE- AGNÈS
tomber dans le même sentiment qu'ont ceux de qui nous devons dépendre.
Et pour nous éclaircir sur le même exemple (|ui me fait vous dire tout ceci, quoiqu'il ne soit rien en lui-même, et(]u'il devroil n'avoir point été, comme j'ai déjà dit, ayant fait faute (levons parler par récréation; (néanmoins puiscjuc je vous avois entreprise' ) sur votre condition de novice, il ne l'alloit point faire mention des professes; et c'est une petite conjecture que cela vous a déplu, et (jiie vous êtes ennuyée imperceptiblement d'être si lonylemps comme vous êtes; ce qui pourtant ne mérite pas de vous mettre en peine, car enfin Dieu vous fait la grâce de le vouloir bien, et cela suffit; néanmoins lamour-propre s'en veut venger en se déchargeant dans les rencontres; comme il me semble qu'il a voulu faire ici le |ilus sagement (pi'il lui a été possible. Je finis ce [)ointen vous (ibligeant de me dire sincèrement si vous n'aurez point été cbo(juée, et estimé que j'éplucliois de trop près ce que l'on me dit, ce qui peut bien être, encore qu'il me semble que je ne le fasse pas par cet espril-la, ni pour ùlerla liberté de tout dire (ju'il faut toujours avoir.
Pour ce (jui est des exhortations de M. Singlin, je vous quitte volontiers de l'obligation défaire des objections, pour donner lie u a la manière dont M. de Sainl-Cyran vous a dit d'en faire usage, que je crois excellente, principalement pour lu qualité de votre esprit, c'est pourquoi je n'ai garde de vous en vouloir tirer. Néanmoins, connue selon sa maxime, nos actions doivent tendre au repos et nos |)aroies au silence, je crois aussi que s il faut avoir (juebiuefois des actions ou des paroles, elles doi\eul nailie du repos et du sil«Mice; lellenient qu'il pouira bien arriver (|u'eu vous taisant devant Dieu, et simplifiant votre esprit a l'égard des vérilés(|ui nous sont dites, il en nailra néanmoins des pioposilions (|ui ne seront point contraires a la siuqilicitt; ni an silence; sinon deuieiirtz-y liilelement comme dans votre voie, dont celui-là seul qui vous y a mise doit vous retirer; j'entends Notre Seigneiu' (|iii vous l'a imposée par l'entremise de son saint.
' Ces mois entre parenllièscs no sont |t;is (Ihu^ lo Ms. P.-R. i