J12 LETTRES DE LA MÈRE AGNÈS
silence, à quoi je manque incessamment. Je vous demande Irès-humblemeut permission, quand je l'aurai rompu, de dire tout haut : iMon Dieu, je vous supplie très-humblement de me donner la grâce du silence et à toutes mes sœurs. Si c'est trop fréquemment, je ne me mettrai point à genoux, et le dirai seulement les mains jointes.
J'ai une autre grâce à vous demander, ma très-chère mère, qui est laprincijjalede toutes, qui est de me traiter avec toute hberté, 11 me semble que je n'ai point encore eu autant de soumission et de désir de vous obéir que Dieu m'en donne maintenant; mais je peux bien me tromper, parce que s'il étoit vrai, vous le sentiriez bien et me feriez la charité de me traiter de la sorte, qui est la plus grande faveur qu'on puisse faire à une àme. Je vous supplie très-humblemeul de m'obtenir cette disposition par vos saintes prières, aûn que je sois avec autant de vérité que d'obhgation.
Ma très-chère mère,
Voire très-humble et très-obéissante fille et servante.
Sœur Catherine-Agnès de Saint-Paul.
LXîII.— A la mère Marie-Angélique Arnauld, abbesse.
Pour la leaiercier du suiu qu'elle avaii de l'averlir et répondre au désir qu'elle avait lémoigiié qu'elle lui rejirésenlàl les choses auxquelles elle trouverait à redire dans sa conduite de la niaisou.
Ma mère, Je vous remercie très-humblement de la liberté ue vous voulez bien prendre sur moi, qui ne croyois pas en être digne, et il m'étoit avis que quand vous preniez la peine de m'uverlir de quelque chose, que c'étoit avec beaucoup de circonspection et d'adoucissement, comme l'on fait aux persoimes que Ton craint de choquer. Il est vrai ([u'à l'heure je demeure honteuse de ma faute, mais je suis pourtant bien aise que vous me fassiez la charité île me la faire connaître.
Pour ce qui est de voire conduite pour le général delà maison, je vous assure, ma chère mère, que je la trouve si bonne que je remercie souvent Dieu de l'assistance (iii'il vous donne pour cela, et le supplie de tout mon cœur de vous la continuer. J'ai fail (luelquelois réllexion si vous agissiez avec liberté, crai-