LXIII. — A LA MKRE MAHIE ANGÉLIQUE AUNULD. l I
gnant d'être cause que vous ne donnassiez des bornes à voire zèle, sachant que je ne suis pas assezdétenninée a la véritable perfection (ce que je ne connois pas pourtant). Je vous avoue aussi que je ni'atlendois qu'en ce qui regarde l'extérieur de la maison, [)arliciilièrLment pour l'ollice, vous feriez plusieurs changeniens; et voyant que cela n'arrivoit point, j'ai appréhendé que vous eussiez égard à moi, ce qui mesembloit ne devoirpointèlre, étant ce <jue je vousïuis^ce ([ui enq)èclieroil (|u on n*e crût que ce fût par coutradiclion ; c'est pourquoi je \ous supplie Irès-humblement de ne me point croire foible en cela, m'étan t avis (jue je n'en aurai nulle peine. Je ne manciuerai pas à vous obéir, ma mère, en vous représentant les choses à quoi je pourrois trouver à redire; maiscomme il n'y en a point encore eu, j'espère (ju'il n'y en aura pointa l'avenir non plus: jenentends pas des taules personnelles, car ce scroit flatterie de dire que vous n'en faites poinl, mais je crois que Dieu vous les pardonne facilement; et il me fait la grâce de reconnoître en (|uelque manière ce (jue je vous dois pour mon salut, en ce que j'ai plus de désir de votre fierfection que de la mienne, m'étant avis ([ue je rie mérite pas d'en avoir et (ju'elle vous est bien mieux tlue.
J'ai eu de la peine de ce (|u'il vous a i)lu me montrer le billet de ma sœur Marguerite; je crains toujours (|ue vous ne pensiez que je la crois plus à moi qu'à vous, et que je tolère ses badineries; et je vous assure, ma mèie, (pTelIes me déplaisent si fort que je ne la pourrois souU'rir, si ce n'etuit (lu'elle les dissimule devant moi, et qu'il me semble que c'est un mal néces- .«îaire (|ue de la recevoir; néanmoins je; ne m'élonnerois pas (juand vous croiriez le contraire, parce (|uej'ai tant d'orgueil et d'amour-propre que je suis capable de vouloir être aimée et |)référée sans que je le saclie.
Je vous supi)li(.' très-hinnblemenl de m'offrir à Dieu.
ii4 LETTRES DE LA MÈRE AGNÈS.